MURGER vu par la médecine
Le
Docteur Augustin Cabanès ( Gourdon 1862
– Paris 1928) fut l’auteur de biographies de personnages célèbres et de
chroniques médicales publiées régulièrement dans la presse. Il s’intéressa
notamment aux rapports entre l’Histoire et la littérature. Habile vulgarisateur
il avait fait paraître un certain nombre de monographies portant pêle-mêle sur
l’histoire, la médecine et la littérature. On recense chez Albin Michel :
Les
Indiscrétions de l’Histoire – 6 volumes.
Mœurs
intimes du Passé – 12 volumes.
Légendes
et curiosités de l’Histoire – 5 volumes
Fous
couronnés – 1 volume
Folie d’empereur – 1 volume
Balzac
ignoré – 1 volume
Maurat
inconnu – 1 volume
La Belle
Sœur du Grand Roi – Une Allemande à la cour de France. Une Princesse palatine.
Les petits talents du Grand Frédéric. Un médecin prussien dans les salons
romantiques. – 1 volume.
La Névrose
révolutionnaire (en collaboration avec J. Nass) – 2 volumes.
L’Enfer de
l’Histoire – 2 volumes
Le Mal
héréditaire – 2 volumes
Dans les
coulisse de l’Histoire. – 1 volume
Les
Enigmes de l’Histoire – 1 volume
Grands
Névropathes – 3 volumes
Les Evadés
de la médecine – 1 volume
Médecins
amateurs – 1 volume
Les Condé
– Grandeur et dégénrescence d’une famille princière. – 2 volumes
Le Cabinet
secret de l’Histoire – 4 volumes
L’Histoire
éclairée par la clinique – Leçons professés en 1919 et 1920 à l’Institu
t de
Hautes études de Bruxelles – 1 volume.
La
Princesse de Lamballe intime, d’après les confidences de son médecin - 1 volume
Au chevet
de l’Empereur – 1 volume
Dans l’initimité
de l’Empereur – 1 volume
(Un article extrait de L'Ami du lettré et signé Léon Deffoux nous fournit quelques informations à ce sujet. ( Année littéraire & artistique pour 1929, Les Editions de France, 1928, pp. 164-165 : http://www.remydegourmont.org/rg/necrologies/cabanes.htm )
Nous donnons à lire à
présent un extrait du chapitre que le docteur Cabanès avait consacré à Henry
Murger sous le titre : « Quelle était la maladie de
Murger ? »( p. 45-91, Autour de la vie de bohème, Albin Michel).
« Tous les biographes
nous rapportent que Murger naquit à
Paris. Son père était portier, tailleur de son état ; nous ne savons rien
de sa santé, pas plus que celle de la mère du poète : toute induction nous
est interdite de ce côté. Murger a-t-il puisé dans son hérédité les germes de
la maladie qui devait l’emporter, il serait plus qu’imprudent de l’avancer.
S’il est vrai qu’il se soit raconté dans une charmante nouvelle intitulée : Les premiers amours du jeune Bluet, les premières années de Murger se seraient écoulées en proie aux cruelles maladies qui déciment l’enfance. Aussi fut-il gâté outre mesure par sa mère. Ses caprices – et il en était rempli – comme tous les êtres maladifs – ses moindres volontés faisaient loi. Sa mère n’avait d’autres préoccupations que de les deviner, d’autre bonheur que de les satisfaire, au prix de mille privations qu’elle s’imposait, en cachette de son mari.
De tous ceux qui ont approché de près Murger, nous avons connu et pu interroger Nadar, qui fut quelques temps étudiant en médecine, dans le service de Pelletan. Nous tenons de Nadar qu’il connut Murger par Noël – un des « buveurs d’eau1 » - et par Barbara, ce même Barbara qui se jeta ^par la fenêtre dans un accès de fièvre chaude. « Henri, nous dit Nadar, était absolument illettré dans son jeune âge. Il n’avait été à l’école primaire, peut-être aux Frères. Il employait souvent des mots incorrects et il eut beaucoup de peine à se forger un style… » Cette difficulté de travail, nous en avons la preuve évidente sous nos yeux : dans un fragment manuscrit, en notre possession, dont nous soumettons le fac-simile, la même phrase est répétée jusqu’à cinq fois, avec de légères variantes sur chaque feuillet. Etaient-ce les affres du style qui le torturaient, le rythme de la phrase, le choix de l’expression « convéniente » ? Nous croirions plutôt à une indigence de conception, qui lui rendait, à la fin de sa vie surtout, le moindre travail très pénible.
Un soir, dans un café du boulevard de Montmartre, qu’il fréquentait alors – nous conte Philippe Audebrand – sur le ton d’une tristesse qui n’avait rien d’apprêté, il avouait que l’enfantement d’un seul chapitre lui prenait une semaine entière. Il admirait ceux de ses confrères qui n’avaient qu’à prendre la plume et à la laisser courir sur le papier. « Tenait, ajoutait-il, j’en suis ce soir à la troisième tasse de café noir. Impossible de rien faire sans ce stimulant. Encore n’écrirai-je qu’une page tout au plus en une nuit, car j’ai contracté la folle habitude de ne travailler qu’à la lueur des bougies. Une seule page ! Que voulez-vous ? Voilà ce que c’est d’avoir un corset à son style ! ».
Avait-il la vocation littéraire ? En tout cas, il ne songeait guère lui-même au début de sa vie qu’il embrasserait un jour la carrière des lettres.
Il avait commencé par être petit clerc chez un avoué, en 1938 ; plus tard, il s’essaya dans la peinture, mais sans grand succès : dans le cénacle de la barrière d’Enfer, on ne parlait qu’avec des sourires de ces productions à l’aquarelle, que Murger eut le bon goût de ne pas prodiguer.
Le hasard des fréquentations fit sans doute de celui qui aspirait à devenir un grand peintre un littérateur qui, sans prétendre aux sommets, conquit sa place, garda sa note bien personnelle, mais au prix de quels efforts, de quel surmenage d’un cerveau rétif !
Murger avait eu de bonne heure recours aux excitants cérébraux, le café principalement, qui ne fut pas, croyons-nous, sans influence sur la maladie dont il allait bientôt être atteint, et qui l’obligea à faire un premier séjour à l’hôpital. Une conversation dont un des fidèles de Murger nous a conservé l’écho, nous servira de pièce justificatif.
La scène se passe chez Schaune, alias Schaunard, le bohème qui devait finir en bourgeois riche et considéré, fabricant de jouets au Marais. L’hôte du lieu vient de présenter l’un à l’autre Murger et un étudiant en médecine, que ses camarades n’appellent pas autrement que « le docteur Berger ».
(Là s’engage une conversation au cours de laquelle « le docteur Berger » diagnostique un purpura)
Peu après, le pronostic du « docteur Berger » se vérifiait : Murger entrait à l’hôpital Saint-Louis, où il devait faire plusieurs séjours.
La première fois, c’était en 1841, il s’y fait admettre au printemps, et n’en repart qu’au mois d’août, bien que, dès le 12 juin, on lui eût fait espérer qu’il allait bientôt en sortir. Il annonce, à cette date à un de ses amis qu’il « va mieux », mais il ajoute qu’il jouit d’une maigreur relative, « ce dont son estomac n’est pas sans prendre quelque souci ». Il était atteint de ce purpura qu’on lui avait prédit et qui fut attribué à ses excès de café et à la détestable hygiène qu’il suivait, faisant de la nuit le jour, se nourrissant au hasard des gargotes, de mets innommables et le tabac entrant dans son budget pour « un tiers de la dépense ».
A l’hôpital, Murger passait son temps à, composer des poésies religieuses pour les sœurs. Lié avec les internes, il jouissait de quelques privilèges grâce à sa jeunesse. Ses liaisons de camaraderie avec les étudiants en médecine, cette avidité, naturelle chez lui, de tout voir et de tout connaître, devaient lui servir plus tard pour certaines descriptions réalistes qui figurent dans ses romans. C’est ainsi que tous les détails techniques d’une amputation se retrouvent dans les Amours d’Olivier ; de même que dans le Sabot rouge on voit un tableau très exact des symptômes de l’affection charbonneuse.
Dans une lettre adressé à Léon Noël, en 1842, lettre dans laquelle il confesse que « depuis trois jours il ne mange que du pain sec », Murger propose à son ami un article dont il lui indique le thème : un amour à l’hôpital, histoire d’une passion pour une sœur de charité. Les lettres de Murger qui vont suivre (…) sont toutes datées de l’hôpital, sa « cage », comme il l’appelle, où il va s’enfermer toutes les fois qu’il subit une nouvelle atteinte du purpura. (…)
En 1841, Murger n’est plus le « gros garçon rosé » que nous a dépeint un de ses camarades de misère. « Les privations, les chagrins réels et les mélancolies factices ont déjà quelque peu creusé ses joues et bistré son teint. » Quand il voudra se raconter, il se mettra en scène sous le nom de Melchior, « le poète de gouttières », désolé de sa « rubiconde santé , ambitionnant l’hôpital et ne désirant rien tant qu’une bonne maladie, qui lui permettrait d’aller à son tour chanter un hymne à la douleur sur un grabat de l’Hôtel-Dieu. »
(De 1842 à 1848 les rechutes se suivent. Il entre le 6 juin 1848 à l’Hôpital du Midi. En 1851 il fait la connaissance de sa dernière Mimi, cette « chère mignonne Naïs » à qui il envoyait d’Alger, où il était allé refaire sa santé ébranlée, de tendres lettres. En janvier 1861, une artérite l’oblige à faire un dernier séjour à l’Hôpital se raillant lui-même et faisant des mots : « L’hôpital en somme c’est l’hôtel , moins la note et les punaises ».)
Delvau a rapporté que Murger en mourant, râla ses derniers mots : « Pas de musique ! pas de bruit ! pas de Bohème ! » Un autre spectateur de cette agonie cruelle, le sculpteur Aimé Millet, dit avoir recueilli de sa bouche expirante cette phrase hachée : « Vois –tu il n’y a que trois choses en la vie : l’amitié, l’amour et … ». Une suffocation l’empêcha de l’achever. (…)
Le caféisme, c’est-à-dire l’intoxication chronique au café, devrait-il être incriminé, qu’importerait au surplus ? Il n’en reste pas moins que Murger n’avait pas doublé le cap de la quarantaine, qu’il avait déjà l’organisme ruiné et le sang vicié. »
1
Nadar fut un des « Buveurs d’eau » dont il fut question jadis. Les
trois buveurs d’eau qui ont écrit des souvenirs sur Murger et la Bohème,
étaient, outre Nadar, Léon Noël et Lelioux. Ce n’est pas que ces messieurs
fissent leur habitude de boire de l’eau, mais ils étaient membres, en même
temps que Murger, d’une société dite des « Buveurs d’eau », fondée à
peu près dans le même but que la Société du Cheval Rouge, dont Théophile
Gautier a parlé dans ses Souvenirs sur Balzac. Le poète Léon Noël était le
président, j’allais dire le père abbé de ce couvent d’ascètes laïques. Les
frères avaient nom : Murger, Tabar, Guilbert, Villain, Vastine (un ancien
imprimeur lithographe devenu peintre), les Desbrosses, le sculpteur Cabot et le
paysagiste Chintreuil. Cette société n’était pas rigoureusement fermée ;
les profanes pouvaient assister aux réunions qu’elle tenait pour la propagation
de la foi artistique.
A LIRE !
Voici une bibliographie non exhaustive qui me sert
très régulièrement dans mes recherches. Les ouvrages les plus récents n'y
figurent pas, ils seront présentés lors d'un prochain message sur ce blog. Je n'oublie pas mon propre essai dont voici une critique parue dans la revue Esprit (brèves de décembre 2009) en ligne :
Critique parue dans la Revue ESPRIT brèves de décembre 2009 en ligne :
Bénédicte Didier
PETITES REVUES ET
ESPRIT BOHÈME À LA FIN DU XIXe SIÈCLE (1878-1889)
Paris, L’Harmattan, 2009, 380 p., 34 €
Les poètes improvisent dans les cafés, se regroupent en cénacles, publient une revue afin de populariser leurs œuvres, tentent de se faire connaître au prix d’innombrables « coups montés », dont certains s’avèrent bien drôles, bref se font remarquer tout en honorant la création littéraire et en rêvant au succès, non sans mal ! Dans cet entre-deux-guerres (1870 et 1914) vont fleurir de nombreuses revues dédiées à un « -isme » à la durée de vie généralement limitée. Néanmoins cette précarité ne nuit pas à l’originalité, comme par exemple le vers-librisme, qui généralise le procédé initié par Baudelaire et s’émancipe de la versification au nombre de pieds réguliers et à la rime imposée pour s’aventurer dans une prose poétisée, ou le décadentisme, qui entremêle les restes du romantisme à un symbolisme orientalisé. Bénédicte Didier remanie sa volumineuse thèse en un ouvrage savant qui s’attache aux instigateurs de ces revues « manifestes » dont la richesse a été sous-estimée par les critiques : La Plume de Jean de La Leude, L’Hydropathe de Paul Vivien, Le Chat noir de Rodolphe Salis, mais aussi Émile Goudeau et Alphonse Allais, Panurge d’Harry Alis, La Vogue de Léo d’Orfer et puis de Gustave Kahn ou encore Le Décadent d’Anatole Baju. La plupart de ces publications brandissent la jeunesse de leurs contributeurs comme étendard et s’en prennent à la famille, la religion, l’armée, l’argent sans pour autant faire l’apologie du collectivisme ou de l’anarchie, c’est l’art (?) qui les mobilise, c’est l’Art qu’ils vénèrent, ou plus exactement le statut social de « l’artiste » qui leur sied parfaitement. Le rôle de ces revues par rapport à la grande presse aurait mérité un chapitre de même que la notion d’« esprit bohème », mais le lecteur curieux trouvera dans les notes de ce travail universitaire de riches informations sur les pseudonymes de ces artistes engagés pour un art total…
T. P.
OUVRAGES SUR LA PRESSE FIN DE SIÈCLE
DELPORTE
Christian, Les Journalistes en France (1880-1950) : naissance et
construction d’une profession, éd. Seuil, 1999.
JONES P.,
« La Presse satirique et illustrée entre 1860 et 1890 », Études
de Presse, nouvelle série, éd. Institut français de presse, vol. 8, n°14,
1956.
LETHEVE
J., Impressionnistes et symbolistes devant la presse, Paris, Armand
Colin 1950.
La caricature et la presse sous la Troisième
République, Paris, Armand Colin, 1961.
LIVOIS R. de, Histoire de la presse française, Lausanne, SPES, 1965, t.1.
OUVRAGES SUR
LE CONTEXTE HISTORIQUE
AZEMA
J.-P. Et WINOCK M., La Troisième République, Paris Pluriel,
Calmann-Lévy, 1976.
CHASTENET
J., La République des Républicains,
Paris, Hachette, 1970.
DUPEUX Georges, La
Société française 1789-1960, Armand Colin, 3e édition, 1980.
MAYEUR J-P., Les
Débuts de la Troisième République (1871-1898), Paris, Points-Histoire,
Seuil, 1973.
OLIVESI A.,
NOUSCHI A.., La France de 1848 à 1914, Nathan Université, Paris 1997.
Atlas historique des villes de France : la population des villes de France du XVIIe à 1990, Hachette.
OUVRAGES SUR
LE CONTEXTE CULTUREL DE LA FIN DE
SIÈCLE
ABRAHAM
Paul et DESNE René, Histoire littéraire de France 1873-1913, Paris, éd.
sociales, 1978, t.10.
BAILLY-HERZBERG,
Dictionnaire de l’estampe en France 1830-1950, Notices biographiques
pour Henry Somm, George Auriol, Adolphe Willette, Lucien Pissarro…, coll. Arts
et métiers graphiques, Flammarion, 1985.
BERNARD
Suzanne, Le Poème en prose de Baudelaire jusqu’à nos jours, Nizet, Paris
Ve, 1994.
BILLY
André, L’Époque 1900, Tallandier, Histoire de la vie littéraire, Paris,
1951.
BOURGET
Paul, Essais de Psychologie contemporaine, avant-propos de 1885, TEL
Gallimard, , 1993.
BRUNEL
P., J. BURGOS, C. DEBRON, et al. , Mélanges Décaudin : l’esprit
nouveau dans tous ses états, éd. Minard, coll. « la
thésothèque », Paris, 1986.
CLARETIE
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HURET
Jules, Enquête sur l’évolution littéraire, éd. Daniel Grojnowski, José
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LAURENT
Alain, Histoire de l’individualisme, Que-sais-je ?, P.U.F, 1993.
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et Ph. DIOLE, Sous les plis du drapeau noir, éd. Domat, 1949.
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Louis, Le Mouvement décadent en France, Paris, P.U.F, 1986.
MORNET
Daniel, Histoire de la littérature et de la pensée françaises et
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MOUCHARD
Claude, Un grand désert d’hommes 1851-1885 : les équivoques de la
modernité, coll. « brèves littéraires », Hatier, 1991.
NIETZCHE
Friedrich, Par delà le bien et le mal, coll. 10/18, rééd. 1979.
Le
Crépuscule des Idoles, Hatier, coll. Profil philosophique, n°708, 1989.
NOEL
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décadent, Paris, Nizet, 1968.
PALACIO
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POIZAT,
Le Symbolisme de Baudelaire à Claudel, Renaissance du livre, 1919.
SEIGEL
Jerrold, Paris-Bohème. Culture et politique aux marges de la vie bourgeoise
1830-1930, Paris, N.R.F, Gallimard, 1991.
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André, La Technique du vers français, Mercure de France, 1912, t. 98.
VALLES Jules, Le Tableau de Paris, Messidor, 1889.
ÉTUDES SUR L’HUMOUR FIN DE SIÈCLE
BRETON André, Anthologie
de l’humour noir, 1946, J.J Pauvert, Paris, 1946.
CARADEC
François, La farce et le sacré : fêtes et farceurs, mythes et
mystificateurs, coll. Synthèses contemporaines, Castermann, Belgique, 1977.
- Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications, dirigée par François Caradec et N. Arnaud, Jean-Jacques Pauvert,
Paris, 1964.
ESCARPIT Robert,
L’Humour, Que sais-je ?, n°877, P.U.F., 1976 (6e
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GROJNOWSKI
Daniel, Aux commencements du rire moderne, Corti, Paris, 1990.
NEWMAN-GORDON Pauline, Corbière, Laforgue, Apollinaire ou le rire en pleurs, éd. Debresse, « Au carrefour des lettres », 1964.
OUVRAGES SUR LE CHAT NOIR
CURNONSKY M. et
HANISBERG J., Les Œuvres libres, « Le Chat Noir »,
n°124 (septembre), 1956, p. 162-200.
DONNAY M., Autour
du Chat Noir, Paris, Grasset, 1996.
OBERTHÜR M., Le
Chat Noir (1881-1897), exposition au musée d’Orsay, Musées nationaux, 1992.
SALIS R., Les
Gaietés du Chat Noir, préface de Jules Lemaître, 1894.
Collectif, Anthologie des poètes du Chat Noir, Paris, Poésie Gallimard, 1996, préface d’André Velter.
OUVRAGES SUR MONTMARTRE
Les
Cabarets de Montmartre, catalogue d’exposition du Musée de Montmartre, 1996
Si Montmartre
m’était contée, catalogue d’exposition, Musée de Montmartre, 1994
MONTORGUEIL Georges, Le Vieux Montmartre, Paris Hachette, 1925
OUVRAGES SUR LES COLLABORATEURS DU CHAT NOIR
BATHILLE
Pierre, Maurice Donnay, son œuvre, éd. la nouvelle revue critique,
Paris, 1932.
BOLLERY J., Léon
Bloy, Ses débuts littéraires : du « Chat Noir » au
« Mendiant Ingrat » 1882-1892, Paris, Albin-Michel, 1949.
CARADEC François, Alphonse Allais, Belfond, 1994. Réédition Fayard, 1997.
OUVRAGES SIGNÉS PAR LES CONTEMPORAINS DES PETITES REVUES
Romans-contes
BLOY
Léon, Le Désespéré, éd. Vanier,
1884.
BOURGET
Paul, Le Disciple, éd. Alphonse
Lemerre, 1889.
Drames de Famille, éd. Plon, 1900.
CHAMPSAUR Félicien, Lulu, roman clownesque illustré, éd. Eugène Pasquelle, 1901.
LORRAIN Jean, Histoire de masques suivie de Contes d’un buveur d’éther, préface Michel Desbruères, éd. Christian Pirot, 1987.
Recueils de poésies
GOUDEAU Émile, Fleurs du Bitume, petits poèmes parisiens, Ollendorff, 1885.
RICHEPIN Jean, La Chanson des Gueux
Souvenirs
AJALBERT Jean, Mémoires en vrac. Au temps du symbolisme 1880-1890, Paris, Albin Michel, 1938.
DAUDET Alphonse, Quarante ans de Paris 1857-1897, La Palatine, Genève, 1945
DORGELES Roland, Quand j’étais montmartrois, éd. Albin-Michel, 1936.
GINISTY Paul, L’Année littéraire 1889, Charpentier, Paris, 1890.
GONCOURT
Edmond et Jules de, Journal : mémoires de la vie littéraire
1892-1895, t. 9, éd Flammarion et Fasquelle, 1896.
KAHN
Gustave, Silhouettes littéraires. Stéphane Mallarmé. Huysmans. Verlaine.
Charles Cros. Henri Becque. Emile bergerat. Rodin. Anatole France. Puvis de
Chavannes. Mendès et Baudelaire, éd. Montaigne, 1925.
Symbolistes
et décadents, Vanier, 1902.
MAILLARD
Léon, La Lutte idéale : Les soirées de la Plume, Paul Savin et La
Plume, Paris, 1892.
MORICE
Charles, La Littérature de tout à l’heure, Perrin, 1889.
RICARD
Louis-Xavier de, Petits Mémoires d’un Parnassien, éd. M. Pakenham,
Lettres Modernes, « Avant-Siècle », 1, Paris, 1967.
TAILHADE
Laurent, Quelques fantômes de jadis, édition française illustrée, 1920.
VERLAINE
Paul, « Articles et préfaces (1888-1889) »,
« Dédicaces » in Œuvres Complètes, présenté et annoté par Jacques
Borel, La Pléiade, t. 2, éd. NRF, 1972.
Correspondances.
III.Lettre aux correspondants anglais, à Anatole
Baju, F-A Cazals, Jules Tellier, Gustave Kahn, Léon Deschamps…, Genève,
Paris, Slatkine, 1983.
Les
Poètes Maudits, Vanier, Paris, 1884.
THÈSES ET MÉMOIRES
BARTHELEMY
Robert, Montmartre, un milieu littéraire et cosmopolite, thèse, Paris
III, 1989, p. 140-143.
DIDIER
Bénédicte, Présentation du Chat Noir en 1883 et 1884, mémoire de maîtrise, Orléans, 1997.
Le Grand-Mardi-gras de l’esprit : les petites revues à la fin du dix-neuvième siècle : Le Chat Noir, La Vogue, La Plume, mémoire de D.E.A, Orléans, 1998.
PAWLOTSKY COMBET-JOLY Isabelle, Monographie d’un quartier artistique et littéraire : Montmartre (1871-1910), thèse, Paris X, 1995, p. 424-427.
ARTICLES DE
PRESSE
Romantisme,
n°42, 1983
« La Décadence »
COLIN
René-Pierre, « Les Décadents : nuanceurs ou barbares de l’idée »,
p. 46-53.
EL-GAMMAL
Jean, « Décadence, politique et littérature à la fin du XIXe siècle »,
p. 23-33.
VOISIN-FOUGERE
Marie-Ange, « Le sérieux et la feinte – Le bourgeois dans la
littérature réaliste », p.3-12.
Romantisme
n°64,
1989 « Raison, dérision, Laforgue »
AMOSSY
Ruth, « Types ou stéréotypes ? Les physiologies et la littérature
industrielle », p. 113-123.
GORDON
Rae Beth, « Le Caf’conc’ et l’hystérie », p.53-60.
GROJNOWSKI
Daniel, « Laforgue fumiste : l’esprit de cabaret », p. 5-15.
Romantisme n°75, 1992 « Les petits
maîtres du rire »
DEFAYS
Jean-Marc, Alphonse Allais : fumisterie littéraire, p. 27-33.
MELMOUX
Marie-Françoise, Fin-de-siècle, le « grand mardi-gras de l’esprit »
(sur Jean Lorrain), p. 63-69.
PAKENHAM
Mickaël, L’Illustre Sapeck, p. 35-41.
PILLET
Elisabeth, Cafés-concerts et cabarets, p.43-49
Romantisme n°121, 2003-3 :
VAILLANT Alain,
« Avant-Propos », p. 5-8
MELMOUX-MONTAUBIN Marie-Françoise, « Autopsie d’un décès. La critique dans la presse quotidienne de 1836 à 1891 », p. 8-22.
DOCUMENTS ÉLECTRONIQUES
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périodiques
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« Jeunesse et genèse d’un groupe politique : le groupe
gambettiste », revue d’histoire du XIXe siècle [en ligne]. Numéro
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DOUSTEYSSIER-KHOZE
Catherine, « Fumisme : le rire jaune du Chat Noir » [en
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SHRYOCK Richard,
« Gustave et Rachel Kahn » [en ligne]. Virginia
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d’encyclopédies
« Auriol
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http://www.dictionnaire-des-illustrateurs.com
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« Le
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2002]. Disponible sur : http://perso.wanadoo.fr/claude.rochet/philo/nihil.html
Œuvres
consultées
AURIOL George,
« Quand les lilas refleuriront », 1890, p. 1. Disponible sur : http://www.paroles.net
DEVILLIERS René,
Butte Boul’Mich et Cie, Chapitre III « Ceux que j’ai connus »,
p.1-4. [en ligne]. [Réf. du 13 juin 2002], p. 1-4. Disponible sur : http://www.lechatnoir.free.fr/historique/chatnoir/devilliers:page_04.htm
GIRIEUD Pierre, Souvenirs
d’un vieux peintre, p.1-2. [en ligne]. Disponible sur : http://www.edartiguelongue.freesurf.fr/souvenir/souv2.htm
HUGO Victor, Correspondance
avec Félicien Champsaur (16 mai 1878), Paris, Calmann Lévy, 1898 [en
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LAFORGUE Jules, Carnet
de notes, la revue des ressources [réf. 25 octobre 2002]. p. 1-7.
Disponible sur : http://www.ressources.org/Revue/Restitution/Laforgue.htm
Le Fumiste
[en ligne], p.1. Disponible sur : http://www.laforgue.org/pier3.htm
MAUPASSANT Guy
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Catulle Mendès (1888 ?) [en ligne]. [réf. 6 décembre 2002], p. 1.
Disponible sur : http://maupassant.free.fr/corresp/260.html
RENARD Jules, Journal,
11.04.1890-17.03.1890, disponible sur : http://sya.geneal.free.fr/Document/journal2.htm
RICHEPIN Jean, La
Chanson des Gueux, disponible sur : www.gallica.bnf.fr
SALIS Rodolphe, Les
Contes du Chat Noir, disponible sur : www.gallica.bnf.fr
SARCEY
Francisque, Préface aux Contes du Chat Noir, disponible sur : www.lechatnoir.free.fr
GEORGE AURIOL
Bibliographie de George Auriol
Collaborations au Chat Noir (1883-1889) :
1882 –aucune-
1883
n°85 Sur l’Impériale
n°86 Contes pour Gilberte
n°87 Les Saucisses de Franckfort
n°88 Contes pour Gilberte
n°89 Contes pour Gilberte
n°90 Contes pour Gilberte
n°91 Arc-en-ciel pour dames
n°93 Chattes amoureuses
n°94 Le Bateau fleur Naïf Roman
n°95 Le Bateau fleur
n°96 Le Bateau fleur
n°97 Le Bateau fleur
n°98 Le Bateau fleur
n°99 Bestioles de Paris
n°100 Le Bateau fleur
n°101 Le Bateau fleur
n°102 Le Triomphe des petits
souliers
n°103 Réveillon d’amour
1884
n°105 Fête de rois
n°106 La Carte transparente
n°107 Joyeuses Histoires
n°108 Les Volubilis du Capitaine Franck
n°109 Ballade du Joli soleil
rochechouart
n°110 avec Rodolphe Salis :
Comment furent mirificquement éclairées les rues de Poitiers la jolie
n°112 Ballade des mardi-gras de
jadis
n°114 Le Cul de jatte fantôme
n°115 Ballade du temps perdu
n°116 Les deux Poupées
n°117 Lettre de Jules Jouy à
George Auriol
n°119 La mort de lys
n°119 Ballade des grises
Giboulées
n°120 Les cent mille cravates de
Jean
n°121 Le Quatrième Fer
n°122 Sizains d’écrans
n°123 Sizains d’écrans
n°125 La Fête des nymphes :
publicité pour réunion artistique
n°126 annonce pour Les
Dentelles d’Amour publiées prochainement par G.Auriol
n°127 Sizains d’écrans
n°128 Sizains d’écrans
n°129 Sizains d’écrans
n°132 Sizains d’écrans
n°133 La Névrose de Jules
n°134 Le Chevalier Tristan Teste
Vuide
n°135 Un combat singulier
n°138 L’abat-jour
n°139 Une vierge chez Madame
Diane
n°140 Une nuit aux Quatre Fils
Aymon
n°141 Fleur d’orange
n°144 Chanson d’Octobre
n°146 Mélodie de convalescence
n°148 La Fête des morts
n°149 Ballade du Joyeux choléra
n°151 Le Sonnet mystérieux
n°154 Le Page Florentin
n°155 Les neiges de Bretagne
1885
n°156 Le Cheval blanc et le
cadre d’or
n°158 L’Araignée du soir
n°159 Les Balayeuses
n°160 La Famille des
Houzelles
n°162 La Saint-Charlemagne
n°163 Le Pied dans la tombe
n°164 La Ballade des
camélias
n°165 L’Ame des portraits
n°166 Dans le brouillard,
rêverie grise
n°169 Petites proses sans
poésie : le Vieil Inconnu
n°171 Ernest
n°174 Petites proses sans
poésie : Léa Lemperière
n°175 Ah ! mon beau
château
n°176 Petites proses sans
poésie : Les sous percés
n°178 Petites proses sans
poésie : Nuit Blanche
n°182 A M. Arnold Walter
n°184 Chroniques de la
province
n°186 Au diable vert
n°187 La Mort du démon de
l’oubli
n°189 Léger retard
n°190 Histoire pour les
chinois
n°191 La Civière
n°193 Feu Robert Nanteuil
n°198 Les Rosiers de
M.Poubelle
n°199 La Tristesse du
veilleur, monologue
n°200 L’Absinthe ironique
n°201 Voilà l’hiver
n°202 Robida et le petit
coordonnier
n°204 Petites proses sans
poésie : Paris-Japon-Novembre
n°205 Petites proses sans
poésie
n°206 Les dernières
nouvelles de Paris
n°207 Elias Slooper
1886
n°208 La Fenêtre du
Luxembourg – Conte de Noël
n°209 Vieilles images d’un
sou ; Le Caporal Fracasse
n°210 Adieu Lanterne !
n°211 Historiettes sans
moralités 1. Monsieur le conte 2. La Belle Luce
n°213 Maladies de Cœur
n°214 Soleil d’hiver
n°216 Le Tabac du Nord
n°217 Le Crime de Mme
Jacquet
n°219 Le Journal fantôme
n°223 La Petite générale
n°224 Shake Hand
n°225 La Maison Blindée
n°226 L’Assassin fou
n°227 8e
Exposition
n°229 La dame Violette
n°230 Bob
n°232 Le Dernier Calligraphe
n°234 Le Percolateur
n°236 Le Cheval, conte du 14
juillet
n°237 Le Trac
n°240 L’Argent
n°241 Celui-là est drôle
n°242 La Petite Créole
n°243 Mlle Léocadie
n°250 Un amateur
n°251 Nature morte
n°253 Rotschild
n°255 Chronique foraine
n°256 Rencontre
n°257 Interview
n°258 Pied d’azur (histoire
de Noël)I. Les funérailles du seigneur de Pinchefalise
n°259 II. Le très fidèle
portrait de Pied d’Azur
n°260 III. Maître Thomas
Holl
1887
n°261 IV. La Tour du Diable
n°262 V Chanson du roi et de
la reine
n°263 VI. Le retour de
Frique
n°264 VII. En route
n°265 VIII . Le Palais
des bêtes à bon dieu
n°266 XIX. L’Entrevue
n°267 X et XI
n°268 XII Après la messe
n°269 XIII Sur la route de
Munich
n°270 XIV Les noces d’Ogive
n°275 Yama, légende
japonaise
n°277 Le chapeau de Midsouno
n°281 Un bon parti
n°283 Le Blanc et le Noir
n°284 D’après nature
n°286 Didie et René
n°288 Une femme discrète
n°293 La Collation en ville
n°294 Ce qu’on mange à
Paris, critique du livre de P. Delcourt
n°295 Malabar
n°296 Notes de voyage
n°297 Bonne Fortune
n°299 En wagon
n°300 Chronique d’automne
n°301 That is good
n°303 Sur l’impériale
n°304 Et la dernière, neuf !
n°308 Choses surnaturelles
n°311 Christmas tale
1888
n°313 Jenny
n°314 dessin de G.Auriol
pour chanson de P. Marrot et illustration « Les amours d’une poupée »
n° 315 L’Aventure d’Alcanter
n°316 rubrique Echos et
Nouvelles
n°317 annonce Le Bal de
l’hôtel de la butte
n°320 Consignée
n°322 Le Nègre
n°328 Warmé et cie
n°330 La Pendule
n°334 Au bord de l’eau
n°337 Simple drame
n°340 Mystère
n°341 Kakemono
n°342 Le Charmeur de
sauterelles
n°345 de Paris à Etampes
n°346 Lataupe
n°348 William
n°349
Montjoie-Champagne !
n°350 Settob ed
soporpa !
n°351 Histoire d’automne
n°353 La statue de Cesar
Dubeauprez
n°355 Les petites femmes du
lieutenant
n°356 Le roi des petits
oiseaux
n°358 Le Camelot
n°359 Le tailleur
1889
n°386 Le Coup de la bille
n°392 Histoire sinistre
n°393 Aristide Valbel et ses
neveux
n°401 Jottings in pen and pencils
n°402 La Mendicité
n°403 Le Jeune homme
pratique
n°404 Le Père Jean
n°405 Le Petit Journal
n°407 L’Aventure du
Riblemard
n°408 Un directeur
n°410 November
n°412 Un Interim
n°414 Christmas’song
J ournalisme
Le Chat Noir, 1882-1889
Cocorico
La Semaine Illustrée
Sans-Gêne
Scribner’s
L’Image
Fantasio
Pages Folles
ABC
Romancier-humoriste
A la façon de Barbari, Flammarion, 1899, Paris,
collection Auteurs Gais
Aventures du capitaine
Longoreille,
Berger-Levrault, 1921, Nancy (illustration Avelot), réed. Martin Morin, 1986,
Grèz-en-Bouère
Le Chapeau sur l’oreiller, Flammarion, 1900, Paris,
collection Auteurs Gais
La Charrue avant les bœufs, Flammarion, 1900, Paris,
collection Auteurs Gais
Divan Japonais…Pourvu qu’on
rigole,,
Blot 1891, Paris
En revenant de Pontoise, Flammarion 1894, Paris
L’Equipée du 117-40, Berger-Levrault, 1930,
Paris (dessins André Hellé)
La Fantaisie et les auteurs
gais, Le Chat Noir et les humoristes d’aujourd’hui, Cercle de la librairie,
1925, Paris
Le Geste héroïque des petits
soldats de bois et de plomb, Larousse, 1915, Paris
Hanneton vole, Flammarion, 1899, Paris
Auteurs Gais
Histoire de rire, Flammarion, 1893, Paris
Auteurs Gais
J’ai tué ma bonne, Flammarion, Paris, Auteurs
Gais
La Leçon des ruines, Larousse, 1917, Paris
Ma Chemise brûle, Flammarion, 1898, Paris,
Auteurs Gais
Rondes du valet de carreau (illustration de
Steinlein , Musique de Marcel Legay), Brandus, C. Marpon et Flammarion,
1887, Paris
Steinlein et la rue, Rey, 1930
Albums
Le Livre des monogrammes,
marques, cachets », 3 volumes, Librairie Centrale des Beaux-Arts et Floury, 1902-1904
Paris
Le 1er livre des
cachets, marques et monogrammes, dessinés par Auriol, 1901
préface de R. Marx,
Librairie centrale des Beaux-Arts
Le 2nd livre des
monogrammes, marques, cachets et ex-libris, composés par George Auriol ,
préface Anatole France, Paris, 1908
Le 3e livre des monogrammes, marques, cachets et
ex-libris, 1924, H. Floury
Premières Fleurs, H. Laurens, 1901, Paris (La
leçon de choses du petit coloriste)
Illustrations
Bayevent Sansoucy Les
Hommes d’après-demain, P. Lambert sd Paris (Croquis)
Camille Lemonnier La
Comédie des jouets, A. Piaget, 1888, Paris
Gabriel Montoya, Chansons
naïves et perverses, Ollendorf, 1896, Paris
L’Hymnaire d’Adonis, à la
façon du marquis de sade, Paganismes : couverture par Auriol, reprod. Laurens.
Contributions
Bastille et Latude
Chansons Fleuries
Contes du Chat Noir, Salis
Contes pour Bibliophiles
L’Embarquement pour ailleurs
Marx Roger, La décoration
et les industries d’art à l’exposition universelle de 1900, Delagrave,
1901, Paris
Maurevert Georges, La
Bague de plomb, H. Simonis-Empis, 1901, Paris (avec Couturier,
George-Edward, J. Granié)
Tinchant Albert, Sérénités,
Marpon et Flammarion, 1885, Paris ( avec Fau, Poictevin, Henri Rivière,
Henry Somm, Steinlein, Uzès)
Monographies sur George Auriol
Fields Armond, George Auriol, Gibbs M. Smith, Peregrine Smith Books,
1985 , Layton, Utah
“George Auriol, conteur,
poète, imagier, créateur en typographie, professeur”, ABC, Paris 1938
Bibliographie
Site : www.dictionnairedesillustrateurs.com
Cate, Philip Dennis et Susan
Gill « Theophile-Alexandre Steinlein », Gibbs et Smith inc.
1982, Salt Lake City
Faudouas Jean-Claude, Dictionnaire
des grands noms de la chose imprimée, Retz, 1991 Paris
Fields Armond, Henri
Rivière, Hubschmid et Bouret, 1985, Paris
ABC, mars, juillet 1938
UN RECUEIL DECADENT
Auguste Barrau que nous présentions dans un précédent message (Auguste Barrau, un décadent) a laissé un recueil de poèmes original paru en 1906. Les illustrations sont de E. Gaucher, J. Grandjouan et E. Rocher.
Le recueil est intitulé Eucologe Profane et complète la bibliographie précédemment indiquée. Ce petit recueil de 90 pages environ est richement illustré et est constitué de 5 parties : Messe douloureuse, Vêpres idylliques, Chemin du calvaire, Office triste, Cantiques pour toi. Une idylle est au cœur du recueil qui s'achève sur des cantiques à la Bien-aimée. Nous donnerons ici un court poème extrait de la première section "Messe douloureuse". 
Elévation
Le doux bercement des branches
Berce aussi des parfums lourds
Et des couleurs.
La brume, aux caresses blanches,
Enveloppe le velours
Des pâles fleurs.
Un chant d'oiseau que j'effraie
En arpégée de hautbois
Stridule et meurt.
O brise agaçant les bois,
Parfums, fleurs, chant dans les haies,
Vers Elle élevez la voix
En ma faveur !
Mon cœur saigne d'une plaie
Dont il se meurt.

Un drame lyrique : NANA SAHIB, de Jean Richepin
Nana Sahib de Jean Richepin est un drame en 7 tableaux représenté pour la 1ere fois le 17 décembre 1883. Jean Richepin y interprètera le rôle titre. Quant au premier rôle féminin, il fut interprété par Sarah Bernhardt. Parmi les acteurs on trouve également Félix Décori (dans le rôle de Sir Edwards), bien connu du milieu bohème.
Le personnage éponyme, Nana Sahib, est une grande figure historique qui mena une rébellion contre les colons anglais en 1857. Le destin mystérieux de Nana Sahib et notamment sa disparition avait nourri l’imagination d’écrivains français comme Jules Verne qui y consacra un roman : La Maison à vapeur (1880).
« Nana Sahib ! Ce nom de guerre, le plus redouté de ceux auxquels la révolte de 1857 avait fait une renommée sanglante, le nabab venait encore de le jeter comme un suprême défi aux conquérants de l’Inde ».
Jean Richepin propose une relecture « fin de siècle » du parcours de ce personnage héroïque mené à la mort par sa passion pour une femme. Il donne à lire également des propos politiques opposant les colons anglais aux « esclaves » indiens.
La pièce se déroule en Hindoustan, dans la province de Cawnpore en 1857-1858.
I. RESUME DE LA PIECE
Premier Tableau : « Les Présents de Djamma »
Le premier tableau baigne dans une atmosphère de conspiration. Un sergent ordonne à quelques esclaves indiens d’activer les préparatifs en vue des prochaines festivités (cérémonie de réception du gouverneur). Le peuple indien enrage de devoir servir les Anglais. Djamma, fille du rajah, qui se prépare à épouser Nana Sahib, distribue au peuple une quantité de présents tous plus précieux les uns que les autres. Dans l’ombre, un esclave, Cimrou, attire le rajah Tippoo-Raï et lui propose un marché : il lui dira où se trouve le légendaire trésor de Siva et en échange le rajah lui donnera sa fille Djamma. Tippoo-Raï fait mine d’y réfléchir mais envoie un de ses hommes arrêter Cimrou.
Deuxième
Tableau : « La Révolte »
La cérémonie commence. Lord Whisley invite le peuple indien à s’exprimer s’il se trouve victime d’injustice. Il prête une oreille attentive aux doléances des indiens mais Nana Sahib intervient et demande de réprimander plus sévèrement encore ceux qui osèrent prendre la parole. Soudain, la foule offensée s’écarte au passage d’un yogi que des sergents anglais brutalisent. Ce dernier appelle la foule à « faucher » les Anglais. C’est alors que Nana Sahib dévoile sa véritable identité et mène à son tour la révolte contre les Anglais pris au piège.
Troisième Tableau : « Le Massacre de Cawnpore »
Nana Sahib s’assure de l’amour de Djamma et refuse non seulement de reporter son mariage mais également le marché que vient lui proposer à nouveau Cimrou (de l’or en échange de la main de Djamma). Pris d’une fureur guerrière, il organise le massacre des colons anglais devant ses 2 otages : Lord Whisley et sa fille Miss Ellen.
Quatrième Tableau : « Le Paradis du tigre »
Nana Sahib est au combat lorsque Djamma entend de la bouche de Gamavât qu’un traitement de faveur est accordé à l’otage anglaise, Miss Ellen. Jalouse, elle ordonne sa libération mais quand Nana Sahib est de retour, tel une bête traquée, il comprend qu’il a été trahi car Miss Ellen était son dernier recours pour marchander avec les officiers anglais. Pris au dépourvu, Nana Sahib ordonne alors à Lord Whisley, menacé de tortures, de convaincre ses hommes de cesser les combats. Contre toute attente, Lord Whisley donne l’ordre à ses troupes de le fusiller, ce qui sera fait. Nana Sahib, désormais seul, décide de prendre la fuite dans la jungle appelée « le paradis du tigre ».
Cinquième Tableau : « Le Paria »
Trois mois plus tard, les Anglais ont repris possession du palais. Un paria, qui n’est autre que Nana Sahib déguisé, est chassé par des officiers. L’annonce des fiançailles entre Djamma et Cimrou va être célébré quand Nana Sahib intervient et désigne Cimrou comme un esclave. Tippoo-Raï le reconnaît mais Cimrou fait mine de ne l’avoir jamais vu pour ne pas être à son tour démasqué. Sir Edwards fait venir des témoins dont Miss Ellen mais nul ne désignera le paria comme étant Nana Sahib soit par serment soit par respect de l’honneur.
Sixième Tableau : « Les Cavernes »
Cimrou entraîne son beau-père et sa promise dans la grotte où se trouve le trésor de Siva afin de conclure le mariage. En traversant la caverne, ils perçoivent des bruits de pas et craignent les esprits du tombeau de Siva.
Septième Tableau : « Le Trésor de Siva »
Dans la grotte, face au fabuleux trésor, Tippoo-Raï jubile alors que Cimrou entend bien s’emparer de Djamma. Soudain, Nana Sahib apparaît revêtu d’un costume de rajah. Pensant être trahi, Cimrou tue Tippo-Raï et se lance dans un duel contre Nana Sahib. Après une lutte ponctuée des prières de Djamma, Cimrou blessé mais encore en vie, met le feu à un bûcher. La porte de la grotte, définitivement scellée par un mécanisme dont Cimrou a le secret, condamne les héros. Les deux amants décident alors de mettre fin eux-mêmes au supplice en se jetant dans les flammes.
II. LA RECEPTION DE LA PIECE
Le succès fut très mitigé comme on le constate en lisant cette critique extraite de L’ILLUSTRATION, n°82 bis, dimanche 30 décembre 1883, p. 418.
« Le fameux drame en vers de Jean Richepin, Nana Sahib, dont on parlait depuis si longtemps, vient enfin de voir le jour à la Porte Saint-Martin. C’est assurément l’œuvre d’un rimeur habile mais ce n’est pas la pièce d’un homme de théâtre.
Il était tout d’abord étrange de choisir pour héros une sorte de monstre qui n’a guère d’autre titre à la célébrité que l’épouvantable massacre de la population d’une ville qui s’était rendue à la discrétion. La tuerie des prisonniers anglais, hommes, femmes, enfants, qui avaient eu foi dans la parole de cette bête féroce, est un haut fait qui eut dû écarter à jamais d’un cerveau humain toute réhabilitation. Mais ce qui a séduit le poète, c’est qu’après la reprise de la ville de Cownpoore par les Anglais, Nana Sahib disparut et qu’on ne sut jamais ce qu’il était devenu. Peut-être vit-il encore tranquillement chez quelque rajah anglophobe qui prend soin de sa vieillesse.
Mais une fois le héros adopté, on pouvait croire que M. Richepin nous l’aurait montré dans son rôle historique, et que la sanglante épopée du barbare nous aurait valu un grand drame véhément et coloré. Point. Le Nana-Sahib de la Porte Saint-Martin est un personnage romanesque, poète à ses heures, violent et souvent, qui traverse, sans éveiller aucun intérêt, les incidents d’une action puérile dont le dénouement est un tableau des Mille et une Nuits.
Nana-Sahib est aimé d’une jeune indienne, Djemma, que son père est sur le point de donner à un paria du nom de Cimrou, lequel lui a promis qu’il le conduirait dans le caveau mystérieux qui renferme tous les trésors de Siva, et même qu’il l’en ferait sortir. Car là est la difficulté : on peut entrer dans ce caveau mais pour en sortir, il faut connaître un secret que seul, Cimrou possède. (…)
Ce ne sont pas, en effet, les beaux vers qui manquent dans l’œuvre. Il y en a d’éclatants, d’harmonieux, de colorés, d’émus, mais combien sont noyés dans les longueurs de cette pièce diffuse et dépourvue d’intérêt ! Il y a aussi des décors superbes et des costumes éblouissants, mais que tout cela devient accessoire, lorsqu’on veut en faire le principal !
L’interprétation a eu des éclats et des faiblesses. Mme Sarah Bernhardt s’y montre la sirène poétique, passionnée, enchanteresse que nous connaissons, et son action sur le public pourra peut-être forcer le succès à se déclarer. (…)
Malgré les beaux vers de M. Richepin, malgré les splendeurs de la mise en scène, malgré la présence de Sarah Bernhardt, voilà une pièce à laquelle nous n’osons pas prédire les cent représentations d’usage. »
Charles Morice
Charles Morice a collaboré a plusieurs journaux et revues. Il a fondé Lutèce. Il a publié à Bruxelles L'Action humaine, revue bimensuelle entièrement rédigée par lui où parurent Noa Noa, Le Rideau de pourpre, Notations, Méditations esthétiques etc. Charles Morice collabora également au Mercure de France et à Vers et prose.
Né le 15 mai 1861 à Saint-Etienne (Loire), Charles Morice fit ses études à Lyon. Il vint à Paris dès 1881, se lança dans la littérature, fonda avec Léo Trézenick (Léon-Pierre -Marie Espinette) la gazette littéraire Lutèce, restée célèbre, et devint bientôt l'ami de Villiers de l'Isle-Adam, de Mallarmé et de Verlaine, qui lui dédia ce sonnet :
Charles MORICE
Impérial, royal, sacerdotal comme une
République française en un quatre-vingt-treize,
Brûlant empereur, roi, prêtre dans la fournaise
Avec la danse, autour, de la grande Commune ;
L'étudiant et sa guitare et sa fortune
A travers les décors d'une Espagne mauvaise,
Mais blanche de pieds nains et noire d'yeux de braise,
Héroïque au soleil et folle sous la lune ;
Néoptolème, âme charmante et vaste tête,
Dont je serais en même temps le Philoctète
Au cœur ulcéré plus encor que la blessure,
Et par un conseil froid et bon parfois d'Ulysse, -
Artiste pur, poète ou la gloire s'assure,
Cher aux lettres, cher aux femmes, Charles Morice.
Paul Verlaine
A ce portrait lyrique, il convient de joindre celui-ci, par Jean Dolent (Portraits du prochain siècle):
" Dédaigneux des lieux accessibles, tout à son rêve, le rêve de l'infini, il va. Ah ! quand Morice parle ! il rejoint la simplicité au-delà de l'emphase. Sa conception du bonheur est la recherche de l'harmonie par le chiffre d'un contour et la couleur ; son désir s'élève vers une beauté redoutable, une beauté aggravée de mystère.
Disposant de la grande prose et du vers, maître des formes, lucide lentement avec une mollesse tragique ; après le deuil des beaux premiers espoirs, il va tout enrubanné d'espoirs nouveaux. Ses rêves et mes rêvasseries se croisent. Il juge et ses fureurs d'artiste répondent à mes cruels désirs. Il se juge, et sa douleur et son orgueil en sont accrus"
Charles Morice, disciple de Stéphane Mallarmé, fut l'un des théoriciens du symbolisme. Charles Gidel écrivait dès 1891 :
" M. Verlaine a déjà perdu la direction de l'école symboliste. Sous ses yeux, un nouveau groupe s'est choisi un nouveau maître. Esthètes nouveaux, Jeunes éphèbes, suivent l'enseigne aujourd'hui de M. Charles Morice, auteur d'un volume intitulé : La littérature de tout à l'heure (1889). Ces symbolistes émancipés ne sont, à vrai dire, ni une école, ni une coterie ; ils sont un groupe flottant. Ils adorent, sans s'y rattacher tout à fait, Villiers de L'Isle-Adam, Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, mais ils poussent plus loin la doctrine de ces poètes. Ils répudient les traditions dont la littérature a vécu jusqu'ici. Ayant en profonde horreur le convenu et le vulgaire incapable de produire rien de parfait, ils proclament ce principe : l'art doit être vague et nuageux. Il est un composé d'irréel et de fluide. Il rejette tout ce qui est net, clair, fixe, car la nature du beau est d'essence insaisissable. Suivant, M. Charles Morice, le Réalisme n'était qu'un bas-fond vaseux ; le Naturalisme ne voyait les choses que par en bas ; il était devenu nécessaire de regarder en haut et d' y chercher un idéal : Dieu et l' Au-delà, si l'on veut. Les naturalistes avaient "le vrai" pour objet principal ; ils prétendaient ne trouver le beau artistique que dans la reproduction exacte de la nature laide et sale. Il suffisait de lever la tête vers un art plus noble. Le Beau ne peut être défini. Cependant d'après Charles Morice, "il est essentiellement l'aspect en beauté des idées religieuses d'une race et d'une époque vivante..." L'initiale prudence de l'artiste est d'éviter la précision, car, plus une "pensée est grande, et plus il faut la voiler, comme on enveloppe de verre les flammes des flambeaux et des soleils. Le rythme est tout dans cet art, les mots n'ont de valeur que par leurs assonances musicales et leur couleur se perdant dans l'invisible d'un lointain symbole". Tout l'art symbolique est dans ce mot : la SYNTHESE. "La grande destinée de la poésie est de suggérer tout l'homme par tout l'art".
Voici comment raisonne Charles Morice : l'homme a été étudié dans son âme, dans ses sentiments et dans ses sensations. Les époques classique, romantique et naturaliste s'y sont employées par l'analyse. La poésie nouvelle doit faire maintenant la synthèse de ces forces acquises durant trois siècles de labeur. Venant après les autres, les Symbolistes, sans rien oublier des conquêtes du romantisme et du naturalisme, doivent songer à mettre une âme dans un corps agissant, et pour cela retourner aux traditions spirituelles et classiques, avec cette différence que le temps des idées générales est passé. L'analyse classique pour étudier en eux-mêmes les éléments du sentiment, l'analyse naturaliste pour étudier en eux-mêmes les éléments de l'âme, l'analyse romantique pour étudier en eux-mêmes les éléments de la sensation, ont pu se contenter d'exprimer leur objet particulier tel qu'elles l'avaient dégagé de ses entours ; mais la synthèse ne peut se localiser, ni dans la pure psychologie passionnelle, ni dans la pure dramatisation sentimentale, ni dans la pure observation du monde tel que nous le voyons dans l'immédiat, puisqu'elle risquerait également dans les trois domaines de cesser d'être la synthèse et de redevenir l'analyse : d'où l'évidente nécessité de la fiction symbolique, libérée aussi bien de la géographie que de l'histoire, dans l'abstraction, le rêve, le symbole. Sur ces trois mots qu'il emprunte à Taine, Charles Morice établit tout l'édifice du symbolisme. Il distingue une question de fond et une autre de forme. Quant au fond, C. Morice dit : "Ceux qui viennent, c'est-à-dire les Esthètes nouveaux, ont ce double trait commun : un sentiment très vif de la beauté et un furieux besoin de vérité." Cette vérité pourtant n'apparaitra jamais dans une clarté limpide, car le maître dit à ses élèves : "Ta pensée, garde-toi de la jamais nettement dire. Qu'en des jeux de lumière et d'ombre elle semble toujours se livrer, et s'échapper sans cesse." Quant à la forme, il estime que les procédés qui ont suffi à l'analyse du composé humain ne suffiront pas à la synthèse. A son avis, une langue neuve est nécessaire. "Pour moi, dit Charles Morice, j'aime les mots vieillis à l'excès ; ceux qui sont comme des médailles sans relief, indistinctes et frustes... Le mieux est d'avoir une langue "qui n'ait rien en commun presque avec la langue usuelle des rues et des journaux".
Dans une conférence donnée à Genève le 4 novembre 1892, M. Charles Morice a défini en ces termes le rôle de la poésie :
"Bien loin que son rôle se réduise à quelque secondaire emploi de gracieuse inutilité, la poésie détient la principale force et la plus précieuse richesse de l'humanité moderne. "Pour M. Charles Morice, la poésie est, "par la beauté, l'expression humaine de la notion divine".
source : G. Walch, Anthologie des poètes français contemporains, tome III, p. 391-394.
"Ballade de la balade" Georges Lorin
A Paris
Non ! Non ! Je n'irai pas chercher sur les galets
Et sur le sable fin le repos que l'on rêve !
L'horizon est trop plat, les varechs noirs sont laids,
Et les couchants éteints, j'ai trop peur, sur la grève.
Il me faut ton reflux à toute heure et sans trève,
Océan de chapeaux, de femmes et de bruit !
Je laisserai dans les bois dont l'air pur réjouit
Et le doux rossignol chantant sa roucoulade,
Pour boire incessamment la clarté de ta nuit...
Tes trottoirs sont pour moi les rois de la balade.
Remous de trottineurs et de cabriolets,
Flot de chercheurs d'argent que la rente soulève,
Gens inquiets, et plus pressés que des boulets,
Pour qui tout est trop loin et l'heure toujours trop brève,
Tramways, coupeurs de foule et charrieurs de sève,
Qu'un chasseur de piétons, avec un cor, conduit,
Devants d'estaminets absorbant muid sur muid,
Et cochers empêtrés, Princes de l'Engueulade,
Vous savez largement égayer mon ennui :
Les trottoirs sont pour moi les rois de la balade.
Alors que l'ouragan fait claquer les volets
Et que le ciel est lourd à ce point qu'il se crève,
Les robes se livrant à des envols follets ;
Le soir, quand au labeur on peut faire enfin grève,
Avec son minois frais, que le fard parachève,
La belle qui vous suit et celle que l'on suit,
Le regret qu'elle laisse alors qu'elle vous fuit
Parfumant de regards la folle bousculade,
Il n'est rien, nulle part, qui m'ait autant séduit :
Les trottoirs sont pour moi les rois de la balade.
ENVOI
Ô vous que, par les temps d'azur, le soleil cuit,
Vous, les chemins bordés de tout ce qui reluit,
Qui peut vous remplacer dans mon esprit malade ?
Ni lacs bleus, ni prés verts, ni source qui bruit...
Les trottoirs sont pour moi les rois de la balade.
GEORGES LORIN (Paris rose, 1884)


L'auteur du Paris rose, on l'a dit, est un artiste polyphonique. Sous sa plume, l'on trouve des rimes mais aussi des lignes, des dessins et des visions poétiques. Dans cette ballade finale adressée à la ville de Paris, Georges Lorin résume l'essence même de son recueil qui plut tant à ses contemporains. Cette essence c'est la ligne du boulevard, c'est le fil du trottoir qui était autrefois arpenté par une foule bigarrée composée de belles parisiennes, de bourgeois, de filles publiques, d'artisans et de petits commerçants et, bien sûr, de nombreux artistes en quête de reconnaissance. Un objectif ? "Avoir pignon sur rue" certes, mais aussi se pavaner sur le trottoir, y chercher l'amour ou la fortune ou bien simplement déambuler. Dans cette marche effrénée sur les boulevards, c'est la vie tourbillonnante d'un siècle qui se joue. A chaque pas, alors que retentit la musique du pavé, reviennent en boomerang les préoccupations de l'esprit : amusement, ennui, recherche de l'argent, de la jouissance. Sur les trottoirs de Paris agités d'un perpétuel mouvement, alors que l'esprit "en proie aux longs ennuis"cherche à se distraire, un faisceau d'informations et de sensations traverse le promeneur. Alors, Paris devient un "océan", un spectacle plus grand que la nature car il est artificiel et citadin, en somme, il symbolise en un "tout" ce que l'homme moderne a bâti.
Georges Lorin clôt donc son recueil, Paris Rose, sur un "feu d'artifices". Avec passion, il évoque une sorte de "big bang" de la modernité en substituant à l'univers, les trottoirs parisiens où, dans une sorte de chaos sonore (d'engueulades, de tapages commerçants) et de "folle bousculade", va émerger "l'esprit fin de siècle".
Un poème fondateur donc, doublement passionnant, car Georges Lorin a le talent de mêler aux mots l'image : ainsi s'impose dans l'esprit du lecteur l'image d'une humanité "bouillonnante" traversée de lignes dynamiques (des boulevards, des tramways), de rondes et de courbes (les robes aux envols follets) ; et simultanément animée de flashs lumineux("tout ce qui reluit") et de souffle (celui de l'ouragan).
auteur : Bénédicte Didier.
Un recueil original : Paris Rose de Georges Lorin
Le Paris Rose de Georges Lorin,
Paris, Ollendorff, 1884
Georges Lorin est un artiste parisien de la fin du XIXe siècle qui illustra par son parcours une nouvelle figure d’artiste. L’artiste « polyphonique » capable d’agir en véritable plasticien du langage et de la matière, maîtrisant l’écrit et l’icône, la plume et le crayon. Georges Lorin est le fils de Maxime Lorin, artiste-peintre ami de nombreux « bohèmes » dont Fernand Icres. Connu sous le nom de Cabriol depuis 1879 pour ses portraits charges publiés en première page du périodique les Hydropathes, Georges Lorin croqua dans la même veine les membres du fameux club littéraire dont André Gill, Félicien Champsaur, Coquelin cadet, Charles Cros, Sarah Bernhardt, Maurice Rollinat, Alphonse Allais, etc. jusqu'au 26 juin 1880 lorsque le journal s'arrêta. Proche des symbolistes, Il fut par la suite peintre de sujets allégoriques, de compositions à personnages, et participa en 1892 aux deux premiers salons de la Rose-Croix chez Durand-Ruel. Ses sujets semblent appartenir au domaine du rêve, que ce soit La maison qui vole ou Le cauchemar ou La Veuve, (un mari ramène la femme infidèle vers sa tombe).
En littérature, Jules Tellier le classa parmi les modernistes aux côtés de Paul Bourget, Eugène Manuel, Albert Merat, Antony Valabrègue, Paul Arène et Emile Blémont.
Il participa au Salon des Incohérents. On dit dans le catalogue de l’exposition de Jules Lévy qu’il avait égaré son acte de naissance et qu’il était l’inventeur de la poésie impressionniste. Il a composé des monologues pour Coquelin Cadet qui eurent un grand succès. Il fut également l’auteur d’un recueil de poésies intitulé L’Ame folle et d’une pièce Pierrot voleur reçue au Théâtre libre d’Antoine. La Goulue disait de lui : «Le doux Georges Lorin avec sa voix neigeuse. Il chantait Paris en rose. »
Sous son influence, et celle d’autres artistes dont Gustave Geoffroy, Maurice Rollinat se sensibilisa à la peinture et à la sculpture. Léon Bloy cerna dans l’euvre de Lorin toute l’influence de Rollinat. D’après le tonitruant critique du Chat noir, les deux œuvres se réfléchissaient étrangement. Toutes deux exhalent des parfums de tubéreuses.
Le recueil Paris rose est un chef d’œuvre du genre. Son titre complet est Paris rose illustré. Le dernier terme prend toute son importance. Georges Lorin à la fois poète et illustrateur fait intervenir un autre de ces talentueux personnages de la fin du siècle : Luigi Loir. Le résultat est fameux. 24 pièces poétiques sont présentées aux lecteurs. Toutes intègrent l’image. Le dispositif n’est a priori pas nouveau mais, associé au textes originaux de Lorin, une toute autre dimension est accordée au recueil.
Nous reproduisons ci dessous la table des matières :
Mon salon
Les Maisons
Les Gens
Les Affiches
Le Bruit
Les Dames
La Ronde
Le Marché aux fleurs
Les Ombrelles
Les Eventails
Le Brouillard
Le Ballon
Les Becs de gaz
Les Clowns
Les Joujoux
Les Voitures
Les Patineurs
Les Bateaux
Les Boutiques
Les Masques
Le Mât de cocagne
L'Orage
Les Arbres
Ballade de la balade
Ces textes au premier abord disparates et isolés les uns des autres sont pourtant tous reliés à la thématique générale : la ville. Le dernier vers du recueil en est assez représentatif
« Les trottoirs sont pour moi les rois de la balade »
C’est donc à une balade au cœur de Paris que nous convie le poète.
Egayer l’esprit, le distraire de l’ennui de la ville sont les objectifs du
recueil qui ne s’engloutit pas dans la décadence mais qui tente de s’élever du
« marasme urbain » par un mouvement pirouettant. Le catalogue proposé
par Lorin n’entend pas rester figé mais compte entraîner le lecteur dans une dynamique moderne.
Le recueil Paris Rose peut être considéré comme ce « point de convergence de voix diverses » dont parle le théoricien M. Bakhtine. Ainsi il partage avec la poésie de Maurice Rollinat un champ d’expérimentation basé sur le croisement de différentes formes de langage (celui de l’illustration, des silhouettes, des caricatures, celui de la poésie et plus généralement de la fantaisie littéraire ).
auteur : Bénédicte Didier.
Paul Bourget, un portrait de Léo D'Orfer
Le portrait ci-dessous signé Léo D'Orfer est paru dans La Vogue, année 1886. On y appréciera le portrait élogieux d'un maître de la littérature aujourd'hui oublié.
C'est un doux laborieux et le plus charmant des poètes. Les fiels de la confraternité sont pour lui lettre absolument morte. De sa retraite de la rue Monsieur, on n'entend de Paris que les bruits de quelques salons. Ce sont des maisons d'un adorable bourgeoisisme ou d'une tristesse très noble. Là, vient mourir le flux de la mondanité banale. Là finissent les Mers Mortes et commence un rivage fleuri de Chanaan. Les familiers y sont choisis et les coutumes exquises. Paul Bourget en a fait des poèmes et des romans délicieux, tels qu'Edel et un Un Crime d'amour.
C'est un maître écrivain que ce grand jeune homme, décoré déjà et un peu anglomane. Fils d'universitaire, il a gardé ses leçons de l'enfance, mais ne passa point par la rue d'Ulm où les plus doués s'hébétent. La Normale est comme l'Enfer de Dante : on laisse tout au parloir.
Paul Bourget est aussi un habile psychologue. Sa vie d'ailleurs, a commandé à ses ouvrages. Il lit comme un bénédictin et vit comme une scabieuse. Dans le haut cabinet de travail où il a si longtemps pensé, les pieds au feu clair, il a appris l'art de scruter les hommes et les œuvres. Nul mieux que lui ne sait tracer un profil d'âme ou disséquer une passion qui se lève. Ce cartomancien de trente ans déchiffre les plus minces brindilles de sentiment. Et il y a souvent de merveilleux horizons de poésie suggestive, au détour de ses phrases.
C'est notre aîné. Et je ne connais pas un de nous qui ne l'estime ni ne l'affectionne. Il sera demain à l'Académie, où commence à s'irruer la jeunesse. En attendant, ce gentleman est le Labarum de la Nouvelle Revue, de l'Illustration, et des vieux Débats, qu'il fait lire par quelques intelligences.
UN POEME EN VERS LIBRE DE LEON GANDILLOT
Léon Gandillot fut un vaudevilliste à succès ; on lui reconnaît une verve drue et aisée. Il fut selon Jules Lemaître "l'individu le plus gai de sa génération". Son physique marque les esprits : on dit de lui qu'il a la tête de Tibère jeune mais sans la cruauté du prince. Selon l'avis de Jules Lemaître dans Impressions de théâtre, Léon Gandillot avait eu le talent de raviver le genre burlesque et bouffon.
Dans ce poème, Gandillot pastiche le vers libre symboliste de Gustave Kahn et de ses confrères. Le sujet choisi "les maîtresses des poètes" est un clin d'œil au monde amusant et débraillé de la bohème.
(Paru dans Le Chat noir le 23 mai 1891)
LES UNES ET LES TOUTES
Les maîtresses des poètes sont maigres
Avec des bras qui étreignent convulsivement
Et dont les dessous ont des relents aigres,
Fallacieux cinnames pour l'amant.
Nous qui professons pour la poésie un dédain superbe,
Nous préférons des femmes au corps quotidiennement baigné
Dont le ventre dodu s'engerbe
D'un gazon d'or, de vanille imprégné.
Et leur sexe jamais ne s'exacerbe.
Les maîtresses des poètes sont implacablement fidèles
Ou bien trompent avec multiplicité.
Les nôtres et c'est pour cela que nous ne faisons pas fi d'elles,
Savent garder de toute authenticité
Trahison ou fidélité
Et nous laissent coquettement dans l'obscurité.
Les maîtresses des poètes sont vieilles
Relativement.
Elles n'ont pas encore de poils aux oreilles
Mais approximativement.
Car il n'est plus, s'il fut jamais, le temps où la jeunesse
Des filles s'engluait au rythme des chansons
Et n'est-ce
Pas que les filles ont de très bonnes raisons ?
Les maîtresses des poètes sont expertes,
Fertiles en inventions
Et leurs investigations
A certains dirent amènent d'aimables découvertes.
Les nôtres sont toutes d'indolence
Sans pour ce de la somnolence
Mais du vague badin
Quelque chose de très fin.
N'aiment point faire, aiment qu'on fasse,
Ce détail surtout ne me déplaît pas,
Quand de mon baiser long, long, long, je la pourchasse,
Que ma belle au même cas
Se plaise à jouer : puer, abige muscas.
illustration : portrait de Léon Gandillot, collection Felix Potin et dessin de Steinlen "L'Eté" paru dans Le Chat noir, n°86, 1883















