23 février 2010

LA POESIE DANS LE CHAT NOIR (journal)

En complément de la fameuse anthologie des Poètes du Chat Noir parue chez Gallimard et préfacée par André Velter, voici un recensement de poèmes (ici regroupés suivant leurs formes poétiques) qui est extrait de ma thèse sur le sujet.



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Les Ballades du journal Le Chat Noir



1882

Eugène Torquet, "Ballade de la joyeuse bohème", n°1

"Ballade des assassins", n°19

Gaston Sénéchal, "Ballade", n°25

Edmond Haraucourt, "Ballade des pucelaiges montmartrois", n°28

Edmond Haraucourt, "Ballade des malséants pucelaiges", n°30

Maurice Rollinat, "Ballade de la dame en cire", n°39

Marie Krysinska, Ballade n°46

Ballade du communard, n°48

1883

Félix Décori, "Ballade des agonisants", n°62

George Auriol, "Sur l’impériale", n°85

Sénéchal, "Ballade des noctambules", n°86

Fernand Icres, "La Ballade de la fiancée", n°87

Jean Richepin, "Ballade à boire", n°95

1884

Auriol, "Ballade du joli soleil Rochechouart", n°109

Auriol, "Ballade des Mardi-gras de jadis", n°112

Auriol, "Ballade du temps perdu", n°115

Auriol, "Ballade des grises giboulées", n°119

Bruant, "Ballade du Chat Noir", n°135

Auriol, "Ballade du joyeux choléra", n°149

1885

Auriol, "Ballade des camélias", n°164

Gustave Rivet, "Ballade du satirique mort", n°166

1886

Louis Denise, "Ballade de la coupole", n°211

Charles Cros, "La Ballade des mauvaises personnes", n°240

1887

Rivet, "Ballade pour sa mère", n°288

Godin, "Ballade des cavaliers barbus", n°309

1889

Fernand Clerget, "Ballade des pauvres rimeurs", n°404


Les Sonnets du journal Le Chat Noir

1882

Louis Marsolleau Sonnet, n°13

Goudeau, Sonnet Extrême-Orient, n°14

Gaston Sénéchal, Sonnet n°22

Henri Second , Sonnet à l’ail et au patchouli, n°22

Louis Bréchemin, Sonnet, n°23

Haraucourt, Sonnet adultère

Sonnet « Les lits », n°27

Haraucourt, Sonnet à ma mie, n°29

Haraucourt, Sonnet philosophique, n°32

Vincent d’Auriac, Sonnet à la Vierge, n°41

Mélandri, Sonnet fantôme, n°41

1883

Fernand Icres, Sonnet architecture, n°53

Sénéchal, Décadence, n°53

Fernand Icres, Sonnet, n°64

Jules Lévy, Garfield sonnet incohérent, n°56

Sénéchal, Le Dahlia bleu, n°57

Gustave Guiches, Les Jours, n°58

Ménard, Sonnet, n°75

Fernand Icres, le figuier, n°76

Décori, Sacrifice, n°78

Goudeau, L’Eventail, n°79

Léo d’Orfer, Tenoukla, n°82

Jean Lorrain, Sonnet, n°84

Louis le Cardonnel, Mysticisme, n°101

1884

Baron de Beauvallon, A L.B, Sonnet, n°118

Cros, Sonnet, n°123

Condor, Sonnets amers, n°127

Maurice Montégut, Philosophie de la crotte, n°129

Mélandri, Sonnet Madrigal, n°130

Jules de Marthold, Virgo, n°131

Samain, Le Sacre, n°133

Auguste Marin, Beauté provençale, n°135

Jouy, Sonnets de l’entracte, n°137

Jouy, Sonnets de l’entracte, n°138

Jules Jouy , Sonnets de l’entracte, n°139

Albert Samain, Vieil Email, n°140

Jules Jouy, Sonnets de l’entracte, n°140

Jules Jouy, Sonnets de l’entracte, n°142

Fernand icres, Ma pipe, n°106

Jean Lorrain, Salomé, n°151

 Miss miser, n°152

Rodolphe Darzens, Sonnet virginal, n°157

1885

Thiérot, Sonnet, n°180

Zimmermann, Sonnet de la folie bibliothécaire, n°181

Rivet, Sonnet d’antan, n°194

1886

Sainte-Croix, Dixneuvièmesiecliana, n°214

Sainte-Croix, Dixneuviemesiecliana, n°218

Sénéchal, Sonnet précieux, n°219

F. Pittié, Sonnet, n°231

Baudelaire, Sonnet inédit, n°233

Sainte-Croix, Sonnet, n°235

Pimpinelli, Sonnet, n°243

Pimpinelli, Sonnet, n°245

Pimpinelli, Sonnet, n°246

Pimpinelli, Sonnet, 251

Reveillez, Sonnet, n°252

F. Pittié, La Défaite, n°258

1887

Masson, Sonnet, n°262

Boès, Sonnet, n°280

G. Nicolas, Sonnet printanier, n°281

Masson, Le Gueux aux roses, n°282

Pimpinelli, Sonnet, n°282

La Cayorne, Sonnet, n°312

1888

Hyspa, Sonnet, n°330

P-R Hirsh, Sonnet, n°335

Pimpinelli, Sonnet, n°340

Norbert Lorédan, Sonnet potache, n°343

Mery, Sonnet, n°345

Masson, Sonnet, n°346

Sutter-Laumann, Sonnet d’automne, n°354

1889

Philippe Le beau, Sonnet à Satan, n°385

Paul Verlaine, Quelques amis, n°408, 412, 413


LES RONDEAUX DU CHAT NOIR


1882

Rollinat, Rondeau du guillotiné, n°17

P. Bilhau, Rondeau, n°38

Haraucourt, Rondel, n°49

1883

Edmond Haraucourt, Le Cocu, n°53

Sénéchal, Rondeau redoublé, n°64

1885

Villon, Rondel, n°186

1886

Sénéchal, Rondel, n°243

Sénéchal , Rondel, n°254

1887

Auguste Audy, Rondel, n°263

Esparbès, Le Rondeau des étoiles, n°273

Fazy, Rondels pour Karola, n°297, 301, 312

1888

Fau, Rondels, n°330

P., Rondel, n°345

Buisson Duberger, Rondeau, n°346

Pimpinelli, Rondel, N°352

1889

Pimpinelli, Rondel, n°407

A. Lantoine, Rondel, n°410


LES PANTOUMS DU CHAT NOIR


1882

Louis le Cardonnel, Panthoum, n°40

1883

Verlaine, Panthoum négligé, n°72



LES CHANSONS DU CHAT NOIR

1882

Vautrey, Chanson pour ne pas boire, n°17

Liorat, Chanson à Grévy, n°22

Goudeau, Chant des viveurs, n°26

Krysinska, Chanson d’automne, n°40

Haraucourt, La Chanson des seins, n°50

1883

La marseillaise des chats noirs, n°56

Bouchor, Ritournelle normande, n°61

Emile Goudeau, P.P.C, n°67

Cros, Chanson des hydropathes, n°77

Sénéchal, Chanson à boire, n°83

Cros, Chanson des peintres, n °85

Jules Jouy, Le petit-rentier, Chanson, n°90

Richepin, Etrennes du pauvre, n°92

Emile Goudeau, L’Invalide, n°99

1884

Pas mariés ! n°126

Auriol, Chanson d’octobre, n°144

1885

Cros, La Chanson de la plus belle femme, n°161

Louis le Cardonnel, Chanson découragée, n°198

Louis le Cardonnel, Chanson pour mélodrames, n°204

1886

Baudelaire, Chanson du sieur de Loy, n°238

Jules Tellier, Chanson de printemps, n°241

1887

Moyse Renault, Chanson d’automne, n°263

Ogier, Chanson des compagnies grises, n°269

1888

Paul Marrot, Chanson, n°314

Pimpinelli, Chanson sans refrain, n°335

Garcia Monsilla, Chanson Créole, n°342

Xantroff, Le Printemps, chanson hongroise, n°347

Catulle Blée, Chanson d’automne, n°348

1889

Pimpinelli, Chanson, n°388

Fernand Clerget, Chanson d’avril, n°389

Masson, Chanson d’hiver, n°393

Meusy, Chanson d’hier et d’aujourd’hui, n°397



LES POÈMES  EN PROSE DU CHAT NOIR


1883

Bayevent Sansoucy, Pendant que je mourais, n°102

Auriol george, Le Triomphe des petis souliers, n°102

 Sur l’impériale, n°85

Max Waller, Au clair…, n°97

1884

Auriol George, Ballade du joli soleil rochechouart, n°109

 Ballade des mardi-gras de jadis, n°112

 Ballade du temps perdu, n°115

1885

Auriol, Les Balayeuses, n°159

 Dans le brouillard, rêverie grise, n°166

 Petites proses sans poésie, n°175, 176, 178, 204, 205

 Voilà l’hiver, n°201

Albert Tinchant, Coin Noir, n°166

 Tombe fleurie, n°174

 La Consolatrice, n°179

 Courtisane, n°189

  Cydalise, n°192

 Heures roses, n°199

 Quartier latin, n°206

 Morbidezza, n°207

1886

Auriol, Soleil d’hiver, n°214

Tinchant, Attente, n°220

 Place Pigalle, n°225

1887

Albert Tinchant, Ariette en mineur, n°272

Auriol, Chronique d’automne, n°300

1888

Xanroff, le Printemps, chanson hongroise, n°347

1889

Maurice Vaucaire, Deux proses, n°396

                      Zemganno, Proses frêles, n°406, 407

 

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22 février 2010

ROGER SARRAUD, un poète rochelais oublié

 

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En 1945, un quotidien régional, La République de Marennes, fit paraître à sa une un article intitulé « Deuil au Folklore ». Au cours de cet éditorial, le journaliste , J. Jame-Loucié, annonçait le décès du charentais Roger Sarraud, « marin poète et poète marin, une des étoiles de notre folklore national ». Dans la période de l’après-guerre, ce deuil eut une portée symbolique. Partisan d’une revalorisation du patrimoine français, le journaliste se demandait alors qui pourrait reprendre le flambeau du folklore charentais, principal sujet d’inspiration pour le poète.

Roger Sarraud était de ceux là, puisse sa mémoire inspirer quelques jeunes qui reprennent le flambeau qui vient de lui être enlevé et, en commun avec tous nos maîtres régionaux de l’Art et de la Pensée, continuer à enrichir notre folklore charentais, le faire connaître et le faire aimer(1).

        Après la lecture d’un tel article, on peut s’interroger sur le sort que la postérité a reservé à Roger Sarraud. Comment le patrimoine régional a-t-il pu oublier ce  poète, pourtant si proche de sa terre natale et de ses habitants ?

      Plusieurs explications nous viennent à l’esprit. D’une part, Roger Sarraud ne publia ses textes que tardivement, dans les dernières années de son existence. D’autre part, à tort ou à raison, le poète négligea quelque peu les stratégies indispensables au succès et à la renommée d’un homme de lettres.

        Cependant en 4 recueils, tous publiés entre 1930 et 1945, le poète offre des vers colorés et d’une vie intense, entièrement voués à une culture et à un terroir, celui de la Charente-Maritime. Ces poèmes, tous inédits, témoignent d’une personnalité originale et attachante, « excentrique » pour certains, « artiste » pour d’autres. 

Mais avant de poursuivre le portrait de ce poète, laissons-lui l’honneur de ces quelques vers souriants et amers sur la fortune de son œuvre :

             Bien que né dans le siècle dernier

            Totalisant ainsi des lustres

Je ne suis pas, hélas ! illustre

Et n’ai rien mis en mon grenier.

La plume qui, m’avait-on dit,

Me donnerait gloire et fortune

N’a mis en ma bourse, une thune

Ni le moindre maravédis ! ?

Quant à la gloire littéraire,

Comme Sœur Anne, je l’attends !

…De même que le numéraire

Je crains de l’attendre longtemps !(2)

[passage coupé]

               La Rochelle « bijou de l’Aunis » et le village de Nieul-sur Mer sont des lieux d’attachement et d’histoire chers au cœur de Roger Sarraud. Nous ne pouvons aborder son œuvre sans consacrer une partie de notre article à ce sujet.

« La Ville aux cent visages » : c’est ainsi que le poète nomme La Rochelle, non sans étayer son propos par une galerie de portraits et de vues de la ville. Pour le poète, la ville offre plusieurs visages aux promeneurs : en entrant par le Mail on découvre « une paisible et rurale cité », sur le vieux Port d’autrefois « un chaos sans nom » règne, sur les quais, La Rochelle égale les docks de Marseille et de Bordeaux lorsque vehicules et promeneurs débarquent. La cité regorge d’une foule « bâtarde » dixit(24) l’auteur : des marins en sabots, des snobs en Charles neuf, des fraîches Bigouden en coiffe de Bretagne, des langoustiers de Groix, des pêcheurs d’Aragne, et des estiveuses singeant une négresse en pagne D’étonnants contrastes sont saisis par le peintre-poète qui rapproche la chatoyante beauté de L’Eglise Saint-Sauveur et la mélancolique vision de l’étroit canal aux eaux mortes. Les vues changeantes de la cité se déclinent ainsi sous sa plume  :

Et, suivant que le ciel est bleu d’azur ou gris

La ville se renfrogne et vous sourit.

Le soleil mordorant le clocher d’une église,

L’averse mouchetant l’eau dormante du port,

Un navire qui rentre, une barque qui sort

Empressé ou flâneuse,

Les deux Tours s’enrobant de brumes lumineuses,

S’éclairant de soleil ou s’endeuillant de nuit,

Autant de beaux portraits en un instant détruits(25).

En véritable guide de la ville, Roger Sarraud veut nous dévoiler ce qui serait une vie rochelaise « authentique ». Ainsi il raconte avec ferveur les scènes tragi-comiques du Marché et de L’Encan auxquelles il assiste comme un simple spectateur :

La foule des chalands

Les uns pressés, les autres nonchalants,

Déferle atour des étalages.

Malgré les règlements et les prix imposés

Sévit toujours le même marchandage(26).


Canne à la main, chaussé de sabots confortables,

Le crieur à l’Encan comme un ara juché

Sur l’étroite corniche entre deux rangs de tables

D’une voix de stentor régente le marché(27).

Mais La Rochelle est aussi le théâtre des mutations d’une ville cheminant vers la modernité au grand désespoir du poète qui perpétuellement cherche à relier la cité à son passé et à son histoire. Il n’épargnera donc pas de sa verve l’expansion des activités touristiques défigurant l’authenticité de la ville. On lit donc une critique de quelques lieux « modernisés » baignant sous « l’éclairage intensif des néons » comme La Rue du Palais(28) où se presse « une foule choisie ». 

[pour lire la suite, voir Ecrits d'Ouest n°17, La Rochelle......]



 

24. Roger SARRAUD, « Escale », Au fil du Coureau, imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 51.

 

25. Ibid.

 

26. Roger SARRAUD, « L’Encan », ibid., p. 69.

 

27. Roger SARRAUD, « Le Marché de La Rochelle », Guérets roux et ciel gris [Mon bel Aunis], imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 56.

 

28. Roger SARRAUD, « La Rue du Palais », Grisailles d’Aunis, imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 73.



 

1. J. JAME-LOUCIE, La République de Marennes [hebdomadaire], deuxième année, n°60, novembre 1945, p.1.

 

2. Poème extrait des archives de la famille Sarraud. Il s’agit d’une page d’une anthologie ou d’un recueil non identifié. Sur cette page figurent un titre « R. Sarraud », une photographie et un n° de page (p. 81).

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