LA POESIE DANS LE CHAT NOIR (journal)
En complément de la fameuse anthologie des Poètes du Chat Noir parue chez Gallimard et préfacée par André Velter, voici un recensement de poèmes (ici regroupés suivant leurs formes poétiques) qui est extrait de ma thèse sur le sujet.
Les Ballades du journal Le Chat Noir
1882
Eugène Torquet, "Ballade de la joyeuse bohème", n°1
"Ballade des assassins", n°19
Gaston Sénéchal, "Ballade", n°25
Edmond Haraucourt, "Ballade des pucelaiges montmartrois",
n°28
Edmond Haraucourt, "Ballade des malséants pucelaiges", n°30
Maurice Rollinat, "Ballade de la dame en cire", n°39
Marie Krysinska, Ballade n°46
Ballade du communard, n°48
1883
Félix Décori, "Ballade des agonisants", n°62
George Auriol, "Sur l’impériale", n°85
Sénéchal, "Ballade des noctambules", n°86
Fernand Icres, "La Ballade de la fiancée", n°87
Jean Richepin, "Ballade à boire", n°95
1884
Auriol, "Ballade du joli soleil Rochechouart", n°109
Auriol, "Ballade des Mardi-gras de jadis", n°112
Auriol, "Ballade du temps perdu", n°115
Auriol, "Ballade des grises giboulées", n°119
Bruant, "Ballade du Chat Noir", n°135
Auriol, "Ballade du joyeux choléra", n°149
1885
Auriol, "Ballade des camélias", n°164
Gustave Rivet, "Ballade du satirique mort", n°166
1886
Louis Denise, "Ballade de la coupole", n°211
Charles Cros, "La Ballade des mauvaises personnes",
n°240
1887
Rivet, "Ballade pour sa mère", n°288
Godin, "Ballade des cavaliers barbus", n°309
1889
Fernand Clerget, "Ballade des pauvres rimeurs", n°404
Les Sonnets du journal Le
Chat Noir
1882
Louis Marsolleau Sonnet, n°13
Goudeau, Sonnet Extrême-Orient, n°14
Gaston Sénéchal, Sonnet n°22
Henri Second , Sonnet à l’ail et au patchouli,
n°22
Louis Bréchemin, Sonnet, n°23
Haraucourt, Sonnet adultère
Sonnet « Les lits », n°27
Haraucourt, Sonnet à ma mie, n°29
Haraucourt, Sonnet philosophique, n°32
Vincent d’Auriac, Sonnet à la Vierge, n°41
Mélandri, Sonnet fantôme, n°41
1883
Fernand Icres, Sonnet architecture, n°53
Sénéchal, Décadence, n°53
Fernand Icres, Sonnet,
n°64
Jules Lévy, Garfield sonnet incohérent, n°56
Sénéchal, Le Dahlia bleu, n°57
Gustave Guiches, Les Jours, n°58
Ménard, Sonnet, n°75
Fernand Icres, le figuier, n°76
Décori, Sacrifice, n°78
Goudeau, L’Eventail, n°79
Léo d’Orfer, Tenoukla, n°82
Jean Lorrain, Sonnet, n°84
Louis le Cardonnel, Mysticisme, n°101
1884
Baron de Beauvallon, A L.B, Sonnet, n°118
Cros, Sonnet, n°123
Condor,
Sonnets amers, n°127
Maurice Montégut, Philosophie de la crotte, n°129
Mélandri,
Sonnet Madrigal, n°130
Jules
de Marthold, Virgo, n°131
Samain, Le Sacre, n°133
Auguste Marin, Beauté provençale, n°135
Jouy, Sonnets de l’entracte, n°137
Jouy, Sonnets de l’entracte, n°138
Jules Jouy , Sonnets de l’entracte, n°139
Albert Samain, Vieil Email, n°140
Jules Jouy, Sonnets de l’entracte, n°140
Jules Jouy, Sonnets de l’entracte, n°142
Fernand icres, Ma pipe, n°106
Jean Lorrain, Salomé, n°151
Miss miser, n°152
Rodolphe Darzens, Sonnet virginal, n°157
1885
Thiérot, Sonnet, n°180
Zimmermann, Sonnet de la folie bibliothécaire, n°181
Rivet, Sonnet d’antan, n°194
1886
Sainte-Croix, Dixneuvièmesiecliana, n°214
Sainte-Croix, Dixneuviemesiecliana, n°218
Sénéchal, Sonnet précieux, n°219
F. Pittié, Sonnet, n°231
Baudelaire, Sonnet inédit, n°233
Sainte-Croix, Sonnet, n°235
Pimpinelli, Sonnet, n°243
Pimpinelli, Sonnet, n°245
Pimpinelli, Sonnet, n°246
Pimpinelli, Sonnet, 251
Reveillez, Sonnet, n°252
F. Pittié, La Défaite, n°258
1887
Masson, Sonnet, n°262
Boès, Sonnet, n°280
G. Nicolas, Sonnet printanier, n°281
Masson, Le Gueux aux roses, n°282
Pimpinelli, Sonnet, n°282
La Cayorne, Sonnet, n°312
1888
Hyspa, Sonnet, n°330
P-R Hirsh, Sonnet, n°335
Pimpinelli, Sonnet,
n°340
Norbert Lorédan, Sonnet
potache, n°343
Mery, Sonnet, n°345
Masson, Sonnet, n°346
Sutter-Laumann, Sonnet
d’automne, n°354
1889
Philippe Le beau, Sonnet à Satan, n°385
Paul Verlaine, Quelques amis, n°408, 412, 413
LES RONDEAUX DU CHAT NOIR
1882
Rollinat, Rondeau du guillotiné, n°17
P. Bilhau, Rondeau, n°38
Haraucourt, Rondel, n°49
1883
Edmond Haraucourt, Le Cocu, n°53
Sénéchal, Rondeau redoublé, n°64
1885
Villon, Rondel, n°186
1886
Sénéchal, Rondel, n°243
Sénéchal , Rondel, n°254
1887
Auguste Audy, Rondel,
n°263
Esparbès, Le Rondeau des étoiles, n°273
Fazy, Rondels pour
Karola, n°297, 301, 312
1888
Fau, Rondels, n°330
P., Rondel, n°345
Buisson Duberger, Rondeau, n°346
Pimpinelli, Rondel,
N°352
1889
Pimpinelli, Rondel,
n°407
A. Lantoine, Rondel, n°410
LES PANTOUMS DU CHAT NOIR
1882
Louis le Cardonnel, Panthoum, n°40
1883
Verlaine, Panthoum négligé, n°72
LES CHANSONS DU CHAT NOIR
1882
Vautrey, Chanson pour ne pas boire, n°17
Liorat, Chanson à Grévy, n°22
Goudeau, Chant des viveurs, n°26
Krysinska, Chanson d’automne, n°40
Haraucourt, La Chanson des seins, n°50
1883
La marseillaise des chats noirs, n°56
Bouchor, Ritournelle normande, n°61
Emile Goudeau, P.P.C, n°67
Cros, Chanson des hydropathes, n°77
Sénéchal, Chanson à boire, n°83
Cros, Chanson des peintres, n °85
Jules Jouy, Le petit-rentier, Chanson, n°90
Richepin, Etrennes du pauvre, n°92
Emile Goudeau, L’Invalide, n°99
1884
Pas mariés ! n°126
Auriol, Chanson d’octobre, n°144
1885
Cros, La Chanson de la plus belle femme, n°161
Louis le Cardonnel, Chanson découragée, n°198
Louis le Cardonnel, Chanson pour mélodrames, n°204
1886
Baudelaire, Chanson du sieur de Loy, n°238
Jules Tellier, Chanson de printemps, n°241
1887
Moyse Renault, Chanson d’automne, n°263
Ogier, Chanson des compagnies grises, n°269
1888
Paul Marrot, Chanson, n°314
Pimpinelli, Chanson sans refrain, n°335
Garcia Monsilla, Chanson Créole, n°342
Xantroff, Le Printemps, chanson hongroise, n°347
Catulle Blée, Chanson d’automne, n°348
1889
Pimpinelli, Chanson, n°388
Fernand Clerget, Chanson d’avril, n°389
Masson, Chanson d’hiver, n°393
Meusy, Chanson d’hier et d’aujourd’hui, n°397
LES POÈMES EN PROSE DU CHAT NOIR
1883
Bayevent Sansoucy, Pendant que je mourais, n°102
Auriol george, Le Triomphe des petis souliers, n°102
Sur l’impériale, n°85
Max Waller, Au clair…, n°97
1884
Auriol George, Ballade du joli soleil rochechouart,
n°109
Ballade des mardi-gras de jadis, n°112
Ballade du temps perdu, n°115
1885
Auriol, Les Balayeuses, n°159
Dans le brouillard, rêverie grise, n°166
Petites proses sans poésie, n°175, 176, 178, 204, 205
Voilà l’hiver, n°201
Albert Tinchant, Coin Noir, n°166
Tombe fleurie, n°174
La Consolatrice, n°179
Courtisane, n°189
Cydalise, n°192
Heures roses, n°199
Quartier latin, n°206
Morbidezza, n°207
1886
Auriol, Soleil d’hiver, n°214
Tinchant, Attente, n°220
Place Pigalle, n°225
1887
Albert Tinchant, Ariette en mineur, n°272
Auriol, Chronique d’automne, n°300
1888
Xanroff, le Printemps, chanson hongroise, n°347
1889
Maurice Vaucaire, Deux proses, n°396
Zemganno, Proses frêles, n°406, 407
ROGER SARRAUD, un poète rochelais oublié
En 1945, un quotidien régional, La République de Marennes, fit paraître à sa une un article intitulé « Deuil au Folklore ». Au cours de cet éditorial, le journaliste , J. Jame-Loucié, annonçait le décès du charentais Roger Sarraud, « marin poète et poète marin, une des étoiles de notre folklore national ». Dans la période de l’après-guerre, ce deuil eut une portée symbolique. Partisan d’une revalorisation du patrimoine français, le journaliste se demandait alors qui pourrait reprendre le flambeau du folklore charentais, principal sujet d’inspiration pour le poète.
Roger Sarraud était de ceux là, puisse sa mémoire inspirer quelques jeunes qui reprennent le flambeau qui vient de lui être enlevé et, en commun avec tous nos maîtres régionaux de l’Art et de la Pensée, continuer à enrichir notre folklore charentais, le faire connaître et le faire aimer(1).
Après la lecture d’un tel article, on peut s’interroger sur le sort que la postérité a reservé à Roger Sarraud. Comment le patrimoine régional a-t-il pu oublier ce poète, pourtant si proche de sa terre natale et de ses habitants ?
Plusieurs explications nous viennent à l’esprit. D’une part, Roger Sarraud ne publia ses textes que tardivement, dans les dernières années de son existence. D’autre part, à tort ou à raison, le poète négligea quelque peu les stratégies indispensables au succès et à la renommée d’un homme de lettres.
Cependant en 4 recueils, tous publiés entre 1930 et 1945, le poète offre des vers colorés et d’une vie intense, entièrement voués à une culture et à un terroir, celui de la Charente-Maritime. Ces poèmes, tous inédits, témoignent d’une personnalité originale et attachante, « excentrique » pour certains, « artiste » pour d’autres.
Mais avant de poursuivre le portrait de ce poète, laissons-lui l’honneur de ces quelques vers souriants et amers sur la fortune de son œuvre :
Bien que né dans le siècle dernier
Totalisant ainsi des lustres
Je ne suis pas, hélas ! illustre
Et n’ai rien mis en mon grenier.
La plume qui, m’avait-on dit,
Me donnerait gloire et fortune
N’a mis en ma bourse, une thune
Ni le moindre maravédis ! ?
Quant à la gloire littéraire,
Comme Sœur Anne, je l’attends !
…De même que le numéraire
Je crains de l’attendre longtemps !(2)
[passage coupé]
La Rochelle « bijou de l’Aunis » et le village de Nieul-sur Mer sont des lieux d’attachement et d’histoire chers au cœur de Roger Sarraud. Nous ne pouvons aborder son œuvre sans consacrer une partie de notre article à ce sujet.
« La Ville aux cent visages » : c’est ainsi que le poète nomme La Rochelle, non sans étayer son propos par une galerie de portraits et de vues de la ville. Pour le poète, la ville offre plusieurs visages aux promeneurs : en entrant par le Mail on découvre « une paisible et rurale cité », sur le vieux Port d’autrefois « un chaos sans nom » règne, sur les quais, La Rochelle égale les docks de Marseille et de Bordeaux lorsque vehicules et promeneurs débarquent. La cité regorge d’une foule « bâtarde » dixit(24)… l’auteur : des marins en sabots, des snobs en Charles neuf, des fraîches Bigouden en coiffe de Bretagne, des langoustiers de Groix, des pêcheurs d’Aragne, et des estiveuses singeant une négresse en pagne D’étonnants contrastes sont saisis par le peintre-poète qui rapproche la chatoyante beauté de L’Eglise Saint-Sauveur et la mélancolique vision de l’étroit canal aux eaux mortes. Les vues changeantes de la cité se déclinent ainsi sous sa plume :
Et, suivant que le ciel est bleu d’azur ou gris
La ville se renfrogne et vous sourit.
Le soleil mordorant le clocher d’une église,
L’averse mouchetant l’eau dormante du port,
Un navire qui rentre, une barque qui sort
Empressé ou flâneuse,
Les deux Tours s’enrobant de brumes lumineuses,
S’éclairant de soleil ou s’endeuillant de nuit,
Autant de beaux portraits en un instant détruits(25).
En véritable guide de la ville, Roger Sarraud veut nous dévoiler ce qui serait une vie rochelaise « authentique ». Ainsi il raconte avec ferveur les scènes tragi-comiques du Marché et de L’Encan auxquelles il assiste comme un simple spectateur :
La foule des chalands
Les uns pressés, les autres nonchalants,
Déferle atour des étalages.
Malgré les règlements et les prix imposés
Sévit toujours le même marchandage(26).
Canne à la main, chaussé de sabots confortables,
Le crieur à l’Encan comme un ara juché
Sur l’étroite corniche entre deux rangs de tables
D’une voix de stentor régente le marché(27).
Mais La Rochelle est aussi le
théâtre des mutations d’une ville cheminant vers la modernité au grand
désespoir du poète qui perpétuellement cherche à relier la cité à son passé et
à son histoire. Il n’épargnera donc pas de sa verve l’expansion des activités
touristiques défigurant l’authenticité de la ville. On lit donc une critique de
quelques lieux « modernisés » baignant sous « l’éclairage
intensif des néons » comme La Rue du Palais(28)
où se presse « une foule choisie ».
[pour lire la suite, voir Ecrits d'Ouest n°17, La Rochelle......]
24. Roger SARRAUD, « Escale », Au fil du Coureau, imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 51.
25. Ibid.
26. Roger SARRAUD, « L’Encan », ibid.,
p. 69.
27. Roger SARRAUD, « Le Marché de La Rochelle », Guérets roux et ciel gris [Mon bel Aunis], imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 56.
28. Roger SARRAUD, « La Rue du Palais », Grisailles d’Aunis, imprimerie Saintard, La Rochelle, s. d., p. 73.
1. J. JAME-LOUCIE, La République de Marennes [hebdomadaire], deuxième année, n°60, novembre 1945, p.1.
2. Poème extrait des archives de la famille Sarraud. Il s’agit d’une page d’une anthologie ou d’un recueil non identifié. Sur cette page figurent un titre « R. Sarraud », une photographie et un n° de page (p. 81).












