01 février 2009
Le Scapin, littéraire, artistique et théâtral
Le Scapin est une revue parue en 1885 et 1886. D'abord elle paraissait tous les quinze jours, puis tous les dimanches. Son directeur était Emile-Georges Raymond et son rédacteur en chef était Saint-Gerac. Le numéro se vendait au prix de 15 centimes.
Le premier numéro date du 1er décembre 1885. On peut y lire un éditorial de Saint-Gérac intitulé "En scène".
EN SCÈNE
Nous n'avons ni haine, ni parti pris en entrant en scène, nous n'avons ni colères à assouvir, ni admirations voulues à octroyer, libres nous sommes, libres nous resterons dans nos appréciations et nos critiques, mettant notre orgueil dans la sincérité.
Nous n'avons pas de programmes à écrire, d'abord parce que les programmes sont faits pour être violés comme les institutions et les femmes ; ensuite, parce que notre programme à tous , c'est l'anarchie littéraire.
Arrière donc les rengaines traditionnelles et plates ! Arrière les tartines indigestes ! Arrière les déclarations officielles et flasques ! Point n'est besoin de nous tracer une conduite ; encore une fois, nous la violerions !
Ce que nous voulons, c'est dodeliner, si bon nous semble, c'est barytonner, s'il nous plaît ; c'est avoir notre franc-parler et notre franc rire ; c'est rosser dans notre sac les gérontes de la littérature, ces raseurs sinistres qui nous envahissent ; c'est crier : Gare à ces fabricants de rengaines lymphatiques, gare aux pompiers, gare aux Ohnet !
Notre programme, c'est la réaction contre la prudhommie graisseuse, c'est la guerre à l'engourdissement stérile de tous ces pîtres qui bedonnent ; nous avons assez de ces "penseurs" sans idées, de ces scribes à l'aune, assez de ces chairs molles et sans consistance ; ce que nous voulons c'est de la moelle et du muscle, et des nerfs, s'il se peut !
Si nous recevons des coups, nous les rendrons, soyez sûrs. Notre devise est dent pour dent, oeil pour oeil.
Place donc à ceux qui vibrent, place à l'hystérie, place à la névrose !
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Le Scapin joue à merveille, dès son entrée en scène, le rôle attribué depuis L'Hydropathe à la "petite revue". En affichant ainsi son goût de la combattivité, le directeur du Scapin entre dans la mêlée avec la force et la vigueur de la jeunesse. Le lexique du spectacle est de mise car il s'agit véritablement de jeu théâtral. Les anarchistes du Scapin tentent d'attirer à eux les auteurs de la "jeune école" dont certains ont déjà rejoints leur équipe de rédaction ( comme Edouard Dubus, Léo D'Orfer et Louis Dumur ).
LEON RIOTOR (bref aperçu bio-bibliographique)
Léon Riotor est né à Lyon le 8 juillet 1865.
Venu à Paris à l'âge de dix-huit ans, il collabora à de nombreux journaux.
- 1883 : La Réforme
- 1883-84 : Le Réveil
- 1883-85 : Le Mot d'ordre
- 1884, 1890, 1896 : L'Evénement
- 1890-91 : Le Figaro
- 1890-1891 : La Petite République
- 1890-1893 : La Nation
- 1890-96 : Le Courrier du soir
- 1892 : Le Journal
- 1896 : La Lanterne
La Revue critique, La Revue de l'évolution, La Plume, Le Mercure de France, L'Artiste, L'Art décoratif ont publié nombre d'articles et de poèmes de lui.
BIBLIOGRAPHIE :
POEMES
Le Pêcheur d'anguilles avec frontispice de G. de Feure (1894)
Le Sage empereur (1896)
Jeanne de Beauvais avec frontispices de F. Front (1898)
Poèmes et récits de guerre 1918, illustré par Raphael Courtois
Poèmes et récits de guerre, nouv. éd. augmentée, ill. de bois en noir et couleurs par Robert Bonfils, P.-E. Vibert, Henry-Munsh (Frazier-Soye), 1923, 1 vol.
CONTES et ROMANS
Le Pays de la fortune, avec dessins de Léofanti (1891)
Le Pressentiment avec préface de Papus (1892)
Les Raisons de pascalin, 1895
La Vocation merveilleuse de Piédouche, 1898
Agnès, 1900
La Femme et l'argent, 1901
En Auto, 1909
Un chauffeur, 1910
Le Pays de la fortune, ill. Léofanti, 1894
La mère du héros, ill. par divers, Delagrave, 1904
La Colle, un récit du temps de Montmartre, Fasquelle, 1926
ESSAIS, CRITIQUE, VOYAGES
Sur deux momarques des lettres en 1894
Le Parabolain en 1894
Les Enfers boudhiques, 1895
Le Sceptique loyal avec fleurons de Grasset en 1895
Essai sur Puvis de Chavannes en 1896
Fidélia avec fleurons d'Edmond Rocher en 1897
Des Bases classiques allemandes (1897)
Le Mannequin avec préface d'Octave Uzanne et dessins de F. Front (1900)
Auguste Rodin, statuaire (1900)
Les Arts et les Lettres avec préface de Gustave Geoffroy, frontispice de Puvis de Chavannes, 1re série (1901)
La Maison de Victor Hugo, 1910
Le livre de l'art scolaire, préface de Couyba, 1910
Les Grands Artistes, J. B. Carpeaux, 1906
L'Art à l'école, 1906, Larousse
L'Art décoratif moderne. Paul Follot, La Connaissance, 1924
La Nouvelle Autriche, 1924, P. Roger et Cie
Léon RIOTOR publie aux éditions Lugdunum à Lyon un recueil de souvenirs d'enfance en octobre 1934. Ce recueil a pour titre "Léon de Lyon".
THEATRE
L'Excuse avec Félice Cavalotti et Noce bourgeoise avec Ernest Raynaud






